''Twiiitt... Twiiiitt... Twiiiit.... Ahhhhhh YA! (réveil accompagné d'un mouvement de karaté dans l'air qui assomme bien évidemment 3-4 ninjas imaginaires d'un seul coup!)''. Aujourd'hui, je suis finalement arrivée au moment tant attendu de la visite du temple Shaolin. ''Est-ce qu'il va y avoir des scènes de batailles doublées en anglais? Un maître sage avec une longue barbiche? Des gens qui se tiennent debout sur des arbres?...''. L'excitation est à son comble. Tellement que seulement quelques minutes après notre réveil, je suis assise avec Naïk devant un déjeuner de champion (comme dans champion qui manque le déjeuner avec son exercice... YARK!!) sirotant le café qui est à peu près la seule partie comestible de notre repas. Malheureusement pour nous (moi et Ben... mais surtout moi), Naïk ne peut pas nous accompagner pour la visite du temple, car elle a déjà des arrangements avec quelqu'un de très spécial... (aka. Dieu). Le temple étant à une bonne heure et demie de route de Luoyang, nous décidons de nous séparer et pendant que nous irons au Kung-Fu, Naïk pourra visiter l'exposition de pivoines et nous retrouver avant le départ. Entre deux bouchés de toast et seulement 3-4 minutes avant le départ de notre tour, un Ben très très endormi débarque dans le restaurant les cheveux du style ''Brosse à toilette'' et portant visiblement le même gilet que la veille (et je vous parierais aussi un petit 10 sur les mêmes caleçons... je n'ai pas vérifié). Il commence alors à m'expliquer que ''je ne veux même pas savoir ce qu'il a fait la veille (en effet!)'', ''qu'il n'a dormi que 30 minutes (Non?!?!? Mais tu as l'air frais comme une pivoine!)'', ''et où est le serveur pour commander?''. Je lui refile généreusement le reste de mes toasts et dès que Naïk nous quitte pour aller à l'église (Nooooooooooooooooooooooooooooon), il attaque aussi ce qui reste dans son assiette. C'est qu'on peut aller assez loin quand on est trop cheap pour s'acheter à manger! Une chance que le serveur avait desservi les autres tables, qui sait jusqu'où il serait allé!
*Avertissement: Le voyage au Temple Shaolin se trouve au sommet du palmarès des pires excursions de mon voyage en Chine alors si vous n'êtes pas prêt à lire un récit d'horreur où j'ai carrément ''pété un cable'', je vous conseille d'aller sur google et faire une recherche de photos de pivoines... c'est relaxant les fleurs!
Malheureusement, le guide touristique a quelques minutes de retard et lorsqu'il se pointe finalement à l'auberge nous découvrons que plutôt que d'être dans un méga-bus, nous partagerons une minivan avec un autre couple de Chinois. Personnellement, je pense que ça commence très bien. Notre chauffeur emprunte plusieurs petites routes de campagnes et après un parcours des plus sinueux qui force Ben à regarder le tapis de la van avec intensité (''Et tu es moumoune, EN PLUS!!!'') nous arrivons au temple Shaolin.
Le restaurant est une grande bâtisse à deux étages où les touristes sont invités à entrer par une boutique vendant des bijoux de Jade. Notre guide, toujours aussi pressé, nous pousse jusqu'au sous-sol où nous attendent 3 grande tables pour 10 personnes. Étrangement, lorsque nous sommes finalement assis autour de la table personne ne veut s'asseoir avec nous. C'est tellement pathétique que le guide doit intervenir pour obliger des couples à partager notre repas. Aussitôt dit, aussitôt fait, lorsqu'il y a 10 personnes autour de la table, les serveurs ''pitchent'' les différents plats sur la plaque tournante et tout le monde attaque le repas. Par un bon hasard, ma compagne de gauche est une très gentille femme qui, après une courte conversation en mandarin, décide qu'elle nous aime bien. Elle m'incite donc à reprendre de chacun des plats 3-4 fois et va même jusqu'à remplir mon bol de riz. Voyant qu'une des leurs a réussi à amadouer les animaux sauvages, les autres occupants de la table entreprennent aussi le dialogue et le repas devient plus agréable. Je prends un instant pour regarder autour de nous et vois que dans le petit sous-sol du restaurant, il y a environ 15 tables pouvant toutes accueillir 10 personnes et elles se remplissent et se vident à la vitesse de l'éclair. Ce n'est donc pas étonnant lorsque chacun des touristes de notre table, au moment exact où le dernier grain de riz de leur bol a été consommé, se lève sans cérémonie et quitte le groupe. Ce n'est pas comme s'ils jasaient de toute façon! Le restaurant est une véritable usine où dans l'espace de 15 minutes, 30 touristes peuvent bourrer leur estomac et être sur le pas de la porte prêt à reprendre l'autobus. Ben, qui mange encore, se demande bien ce qui est si pressant et ce n'est que lorsque notre guide vient nous chercher par le bras ''Ok, quick, we go'', que nous quittons la table.
Le chauffeur irrité de notre retard nous pousse jusqu'au véhicule où nous attendons sagement l'autre couple qui prend son temps dans la boutique... Tiens donc, personne ne les brusque EUX! De retour dans la van, nous embarquons deux jeunes filles qui sont les guides pour la prochaine partie du tour et l'habitacle qui était jusqu'à présent bien tranquille, devient rapidement bruyant et étroit. J'ai bien envie de leur dire: ''Chop, Chop, il est 13h. C'est le temps du dodo!'' mais ils sont trop occupés à se crier par la tête. Je regarde le paysage surprenant de la campagne de Luoyang qui a été visiblement creusée par l'homme. Des paliers se suivent à intervalles à flanc de montagne et il est même possible d'apercevoir différentes grottes naturelles. Et dire qu'à seulement 3h de route, le paysage de Shangqiu est complètement plat, c'est incroyable.
Pour Ben et moi, notre journée de visite est normalement terminée et le chauffeur devrait nous raccompagner directement à l'auberge pour que nous ayons le temps de prendre notre train du soir. Mais ce n'est pas le plan. Nous sommes de nouveau escortés (et par là, je veux dire, main sur le bras... tu n'as pas le choix) dans une autre boutique de Jade où nous faisons 3-4 pas sans intérêt avant de retourner au véhicule. Nous attendons alors le gros autobus et en discutant avec le conducteur, il m'explique que nous irons avant aux Longmen Grotto. Euh...non! Ça ne fait pas partie du plan et il n'est pas question de nous faire trimballer encore sur la route sachant très bien que l'heure de pointe approche et que nous n'avons pas de temps à perdre. La minute où le guide pose le pied en dehors de l'autobus pour laisser les touristes sortir pour magasiner, je l'attaque avec mes questions, auxquelles il ne répond que par un vague ''yes... yes''. Mais c'est que je le connais ce maudit ''Yes'' là. Ce n'en est pas un qui veut dire, ''oui, nous allons vous aider'', mais plutôt ''oui, ferme ta bouche et retourne t'asseoir gentiment''. Après s'être fait dire que nous allions partir dans 10 minutes, 25 fois, je décide de contacter l'auberge qui s'occupera d'appeler le guide. Ben, aussi utile qu'une cuillère à Cantaloup, ne fait que partager son mécontentement avec moi, plutôt que de parler aussi au guide. Ce qu'il ne comprend pas, c'est qu'ici, même si c'est moi qui parle la langue, mon statut de femme me place juste au-dessus des enfants pour le facteur d'autorité. Je vous épargne alors la quantité incroyable de commentaires racistes, misogynes, xénophobes et simplement cruels que le guide et son équipe lance dans notre direction, ne sachant pas (ou justement, sachant très bien) que je comprends leur langue. Dégoutée au plus haut point, je veux simplement retourner à l'auberge et oublier cette désagréable aventure quand le guide nous pousse de nouveau dans le véhicule et... surprise... conduit vers les Grottes.
À ce point, je suis bleue, blanche, mauve et prête à ''péter un câble'' monumental alors qu'il nous demande de rejoindre le gros autobus pour le retour en ville. OH...QUE...NON, c'est la minivan qui ira nous reconduire. Re-appel à l'auberge... re-rien pantoute par la réception. Je me mets à engueuler le conducteur dans un mélange d'anglais, de mandarin et de français ne me gênant pas pour en beurrer épais ayant entendu ce qu'il pense de nous de toute façon. Nous avons donc le choix de manquer l'autobus et d'attendre dans une minivan vide ou de prendre place à bord et prier pour que le traffic ne soit pas encore trop congestionné. En arrivant en ville, le guide nous fait sortir de l'autobus et nous met dans un taxi pour ne pas que nous manquions notre train. Too little... too late.
J'entre dans l'auberge comme une tornade alors que Ben s'éclipse pour aller faire je ne sais quoi. J'explique la situation à la réception qui appelle aussitôt la compagnie. Le guide reviendra donc pour négocier avec nous notre remboursement... oui, car il faut le négocier. 30 minutes plus tard, Ben rafraîchit de sa douche a l'audace de me demander ''So, is it fixed yet?''. Il est bien chanceux que je garde mon énergie pour le guide... Arrive alors le gars qui tente d'expliquer en mandarin (pour ne pas que je comprenne) que je suis folle et que nous étions à l'heure, que nous avons vu le Kung-Fu Show, que nous ne sommes pas arrêtés par le magasin de Jade... etc. Sachant très bien que nous pouvons manquer notre train, le guide profite de ce facteur pour ralentir la négociation et après plusieurs minutes de discussion, il nous redonne 100 Yuan (montant absolument ridicule) que je me dois d'accepter, car nous n'avons plus le temps. Ben revient alors de sa deuxième promenade et collecte la moitié du remboursement sans scrupules. Je suis trop gentille.
Quelques minutes plus tard, je raconte nos mésaventures à Naïk en attendant le train alors que Ben cherche l'attention, car nous parlons en français. Le train bondé arrive et par un acte de gentillesse qui ne pourrait mieux tomber pour offrir un peu de rédemption aux Chinois, un homme nous offre son siège pour une bonne partie du voyage et nous arrivons à relaxer un peu. Ce n'est que quelques heures dans le trajet que les veines de mon cou se mettent à rétrécir un peu et que je relâche tranquillement mes poings. Pile au bon moment pour me faire récupérer un peu de bonne humeur, l'homme assis en face de moi s'endort et tombe face première dans le cabaret en métal de la table avec un bruit d'enfer. Je suis tout de suite assaillie par un fou rire incontrôlable qui reviendra me visiter à toutes les quelques minutes du reste du trajet. L'humour c'est vraiment le meilleur remède.
Bon, je comprends qu'en faisant la lecture intégrale de cette journée catastrophique vous devez sûrement vous dire que c'est beaucoup de ''chialage'', mais je tiens aussi à vous expliquer pourquoi je vous raconte tout ça. En fait, j'espère premièrement que les futurs touristes de Luoyang décideront plutôt d'organiser leur propre tour du Temple plutôt que de se faire entourlouper par ces compagnies malhonnêtes. Le traitement que nous avons subit lors de cette visite est fréquent en Chine et il est complètement inacceptable. JAMAIS, vous n'entendrez un guide touristique à Ottawa insulter en français des Chinois simplement ''parce qu'ils ne comprennent pas, donc ils doivent être stupides''. C'est en se défendant un peu et en leur laissant comprendre que leur comportement est dégueulasse que les choses ont peut-être la chance de changer un peu. Du moins, je pense que ce guide va réfléchir deux fois avant d'insulter d'autres touristes étrangers en mandarin... peut-être qu'ils comprennent aussi!
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