Quelques petites histoires en vrac de ma salle de classe.
- Hier, une de mes étudiantes profite d'un moment de travail en silence pour me dire: ''No perfume today Miss Clot?''. Je la regarde bouche bée, me demandant alors si j'en mets vraiment tant que ça ou si, peut-être que pour mes étudiants, je pue?? Ayant été traumatisée par un professeur particulièrement odorant lors de mon secondaire, c'est franchement une de mes plus grandes peurs. Je lui demande alors et elle me dit: '' No, no, but you smell so nice!''. Ok message reçu, ils voient tout et entendent tout (et sentent tout!) eux aussi, on dirait bien!
- En prenant les présences, je commence tranquillement à rigoler. L'an dernier, mes étudiants devaient tous se choisir un prénom anglais, qui les suivra jusqu'à la fin de leurs études (et de leur vie s'ils le souhaitent!). Après avoir appelé une Brenda, Stacy, Bettina, Marcia, Lina, Donna, Grace, Nancy, Linda, je comprends très vite que mes étudiants n'ont pas nécessairement choisi les prénoms les plus actuels. Après tout, j'ai le ''cast'' au complet de Place Melrose ET de Berverly Hills dans ma classe! Qu'est-il arrivé à Katy, Jennifer, Amy, Stephany?! Du côté des garçons, j'ai un Bruce dans toutes mes classes (pour Bruce Lee bien évidemment) mais pas de Jacky (Chan!). C'est étonnant au nombre de produit qu'il représente en Chine... c'est une vraie prostituée de la pub! (ou comme disait Terry: Jacky Chan is a whore!) Avis aux agents de pub chinoise, c'est peut-être aussi ce que pense votre public cible!
- Dans mon cours de conversation, j'ai décidé de suspendre le travail de groupe pour faire des entrevues individuelles. Je demande alors à mes étudiants ce qu'ils ont fait lors du festival d'automne et une grande majorité me répond qu'ils sont retournés à la maison pour aider leurs parents avec les récoltes! Et oui, plusieurs d'entre eux travaillent aussi dans les champs pour récolter le maïs et les arachides! Derrière leur maquillage et leurs (faux) vêtements griffés se cachent vraiment un côté un peu moins ''glamour''. Je dois vous avouer que cette découverte a fait fondre mon coeur (de glace) d'enseignante... Ok la gang, vous avez la permission de participer un peu moins en classe aujourd'hui.
- Pour certains étudiants masculins avoir une jeune enseignante affecte quelque peu leur concentration. Certains d'entre eux me dévisagent sans gêne en classe et passent la plupart de la période à m'observer... Alors que je sors du bâtiment pour récupérer mon vélo, je remarque qu'il y a une mobylette pratiquement stationnée sur le rack arrière de ma bécanne. Je me penche pour enlever l'anti-vol et un de mes jeunes arrive. ''Oh Miss Clot, it's your bike!''... Ah comme si tu ne le savais pas déjà! Il me flash un grand sourire et part l'engin en vitesse. Wo wo wo mon petit gars, ça en prend plus que ça pour m'impressionner! Écris un beau texte sans faute et on se reparlera plus tard!
- Après une heure de travail, je fais le tour de la classe pour observer le progrès de mes jeunes. Une fille est assise derrière sa feuille blanche et regarde à l'avant sans bouger. Je lui demande alors pourquoi elle n'a pas commencé à travailler... ''But Miss Clot, I forgot my glasses in the Dorm''. Ben là, pauvre toi! Ne va pas t'asseoir complètement au dernier banc, non?? Peut-être que c'est une excuse qui fonctionne avec les profs chinois, mais pas avec moi, c'est certain.
Wednesday, September 29, 2010
Je vois tout, j'entends tout... pauvres étudiants!
J'enseigne maintenant depuis un mois et mes étudiants s'habituent tranquillement à mon style. Je sais que je ne suis pas aussi imposante que Brett ou sévère que Shannon, mais ne pas me considérer quand même comme une menace pourrait être la plus grosse erreur de certains de mes étudiants. Si seulement, ils savaient! Lors de ma leçon de lundi, j'en ai surpris un à parler chinois... Dum dum dum. J'arrête donc derrière son siège et lui demande pourquoi il parle chinois à son copain. Étant habitué de me voir courir et gesticuler à l'avant avec un grand sourire, il ne comprend pas tout de suite la sévérité de mon regard. Il bafouille quelques mots et me promet de ne pas recommencer... Cependant, lors de ma deuxième tournée de la classe, il est toujours en conversation asiatique avec son compatriote. Je lui dis alors de venir me voir après la classe. Je continue à enseigner et les étudiants travaillent ensuite en groupe. Et alors, il commet l'irréparable! Il sort son cellulaire de sa poche et décide d'envoyer un message texte à un autre étudiant du groupe. Oh la boulette! Tel un aigle agile, je fonce sur ma proie et tends la main... Je n'en crois pas mes yeux alors qu'il tente de jouer au souk à la corde avec son portable et l'enseignante. Malheureusement pour lui, je gagne (toujours!) et m'empare du téléphone.. Strike two buddy! Tu es dans la merde. Il rougit jusqu'à la pointe des cheveux, mais je lui explique qu'il aurait dû y penser bien avant. Le cours continue et j'en surprends un autre en plein échange électronique! Mais c'est une épidémie! Je dois donc agir et vite pour ne pas que ça se propage dans toute la classe. À la fin de la leçon, les deux garçons m'attendent et je leur tends chacun une feuille leur expliquant leur punition. ''Vous devez écrire une lettre d'excuse de 2 pages à Mme Clot et recopier les lignes suivantes 100 fois...'' Mais le pauvre twit qui a parlé chinois ET utilisé son portable doit me copier tout ça 200 fois.
Oui les châtiments corporels ne sont plus tellement d'actualité dans le milieu scolaire, mais une bonne copie ça remet les choses en perspective. Morale de cette histoire: Ne réveillez pas la ''Evil-twin'' de Mme Clot qui sommeille tranquillement sous ses airs de gentille enseignante.
Oui les châtiments corporels ne sont plus tellement d'actualité dans le milieu scolaire, mais une bonne copie ça remet les choses en perspective. Morale de cette histoire: Ne réveillez pas la ''Evil-twin'' de Mme Clot qui sommeille tranquillement sous ses airs de gentille enseignante.
Saturday, September 25, 2010
Nanjing - Jour 3 et fin
Le dernier matin, j'ai fait mes au revoir à Connie et Kristy et j'ai pris le métro avec Andrea. Elle devait se rendre à la station de train pour continuer son voyage jusqu'au Shanghai qui l'amènerait finalement en Suisse la semaine suivante. Pour ma dernière journée, j'ai décidé de visiter le zoo de Nanjing et d'aller au fameux lac Xuhanwu. Pour une raison obscure, j'ai toujours adoré les zoos alors je voulais voir de mes propres yeux s'il y avait d'autres types d'animaux en Chine et si les conditions étaient aussi déplorables que ce qui est toujours présenté à la télévision.
J'ai donc payé mon entrée et je me suis tout de suite dirigée vers l'habitat des pandas. Première constatation: Je suis la seule personne de plus de 15 ans qui n'accompagne pas d'enfants. Il y a beaucoup de bambins... mais vraiment BEAUCOUP et très peu d'adultes!! Je ris dans ma barbe de ce que les Chinois doivent bien se dire de l'étrangère qui s'est perdue et se retrouve seule au zoo, mais je m'amuse follement. Je cherche les pandas dans la végétation, quand même limitée de la cage, pour constater qu'ils sont planqués derrière les branches au fond de l'enclos. Pas de bol pour eux, il y a une passerelle juste au dessus qui permet aux touristes de s'incruster dans leur intimité. Je peux déjà imaginer la conversation des deux pauvres animaux... Dude, they are here AGAIN.. I know man, let's try to hide behind the bush over-there, maybe they won't see us... Oh crap.. Smile man, it's show-time!! But see them, we do! Et tout le monde prend des centaines de photos des deux pandas. Je ne crois pas nécessairement qu'ils sont trop trop malheureux (autant que possible pour des animaux en cage), mais ce sont les Chinois qui sont plutôt amusants à regarder. Ils tendent leurs enfants au dessus de la clôture pour leur permettre de mieux voir, mais n'ayant visiblement rien appris de l'expérience de Michael Jackson avec un certain balcon, un accident est si vite arrivé! Je ne sais pas comment ça se passe en Chine, mais j'ai bien peur que si l'enfant tombe dans la cage, le panda ne passera pas l'après-midi à se rouler dans l'herbe avec lui... Alors voilà, j'en a eu assez de les regarder après 5 minutes, alors j'ai décidé d'aller voir les tigres. Avant de partir, j'ai jeté un dernier regard aux pandas et ils m'ont supplié du regard, d'un air de dire: Noooooo dude, don't leave us with them!
Ce qui est génial du Zoo de Nanjing, c'est qu'il se trouve sur une montagne, alors il faut aussi faire de la randonnée pour voir les animaux. Tout le monde semble faire de l'exercice aux endroits les plus incongrus. En chemin vers l'habitat des tigres, j'ai croisé une vieille dame qui remontait la pente à reculons. Well, Ni Hao, the tigers are the other way.... et il y en avait aussi une autre qui pratiquait la version PLUS du ''tree-humping'' de Shangqiu (elle avait placé un oreiller sur l'arbre... confort total!)... C'est donc rendu national ce truc! Si l'enseignement ne fonctionne pas pour moi, je vais faire de l'argent en devenant gourou de la technique Nadeau!
Pour le reste de la visite, je dois dire que les animaux sont plutôt semblables à ceux des zoos canadiens.. sauf qu'ils parlent chinois (poum poum poum tchishhhhhhh... comme je suis drôle!). Les habitats sont quand même assez grands et les animaux semblent bien nourris et traités. Mon seul moment de frustration est arrivé devant le ''Monkey pit'' où il y avait au moins 70 singes dans une très grande fosse et les gens leur lançaient plein de trucs encore tout emballés... Sérieusement, c'est clair que si tu lances un genre de saucisse à hot-dog dans un cylindre en plastique à un singe, il ne va pas prendre la peine de sortir sa nappe à pique-nique, ses ustensiles et de l'ouvrir avant de la manger. Les gens sont trop cons... c'était assez frustrant de voir les pauvres singes courir pour se jeter sur les bonbons et autres cochonneries qui leur étaient lancés. Si on peut se permettre de servir des tranches de pommes au Mc Donald, je suis persuadée, qu'on peut trouver deux, trois trognons à lancer aux singes.
Finalement, le meilleur moment de ma matinée a été la visite dans la section ''parc d'attraction'' du site. Il y avait un petit chapiteau comme pour des autos tamponneuses, mais c'était un bassin rempli d'eau. À la surface flottaient des bulles géantes où étaient emprisonnées des enfants qui devaient techniquement s'amuser follement. Cependant, je ne suis pas très bonne en physique, mais il me semble qu'une boule de plastique dans l'eau avec un enfant à l'intérieur, ce n'est pas l'idée du siècle. Les pauvres bambins étaient tous couchés au fond parce qu'ils n'arrivaient même pas à se relever et à marcher. C'était plutôt pathétique et ça ne brassait pas trop fort dans le bassin. J'aurais probablement dû rester pour être témoin de ''l'extraction des enfants'', mais je riais beaucoup trop pour être autour des parents qui avaient payé je ne sais quel montant de Yuan pour regarder leur enfant pleurer dans un ballon de Yoga géant.
Je me suis ensuite dirigée vers le lac Xuhanwu pour voir le magnifique jardin qui se trouve sur l'île au centre et visiter les petits temples environnants. À mon grand désarroi, il y avait de la construction sur tout le site et les monuments ''spectaculaires'' de l'île étaient jetés par terre et le gazon était tout arraché. J'ai quand même fait le tour du lac et je me suis plutôt tournée vers l'horizon pour faire dos aux camions et aux grues qui brassaient la poussière derrière moi. Avec mon ipod dans les oreilles qui me permettait de bloquer le son, je me serais presque crue dans un parc national... oh mais attend une minute, c'est un parc national! Je ne me suis donc pas éternisée parce que c'était vraiment moyennement agréable. Si vous pouvez vous imaginer l'attention qu'une jeune fille attire lorsqu'elle passe à côté d'un chantier de construction en Amérique, vous pouvez multiplier tout ça par dix et ce n'est encore qu'une fraction des yeux exorbités et des ''double-take'' que j'ai eu la ''chance'' de provoquer lors de mon passage dans la ''nature''.
La veille, Andrea m'a dit que le petit temple à la sortie du lac était vraiment magnifique alors j'ai décidé d'aller l'explorer. Et oui Andrea m'avait aussi dit que le parc était en construction, mais ma petite tête de mule a préféré aller le voir de ses propres yeux... Es-tu contente Andréanne? Est-ce que tes souliers sont assez plein de poussière pour une journée? Le temple à la sortir du lac est très imposant. Il s'étend sur trois paliers qui comportent plusieurs salles de méditation et de prière. La préposée à l'accueil m'a même remis trois bâtons d'encens pour que je les utilise quelque part lors de ma visite (où? Je ne le savais vraiment pas à ce moment-là). Je fais le tour du site et trouve finalement l'endroit désigné. Il y a un grand bac où plusieurs personnes ont déjà planté leurs encens et certaines personnes font des prières en les tendant vers le ciel. Ne me sentant pas particulièrement pieuse ce jour-là (ou aucun jour dans le fond..), je décide de les allumer et de les planter aussitôt. Il n'y a rien que je déteste plus qu'une personne qui essaie de reproduire les rituels sans trop comprendre pourquoi elle le fait.. C'est cheap et trois fois sur quatre, tu as l'air con.. Mais ne vous inquiétez pas, j'ai tout de même réussi à attirer l'attention sans le vouloir.. Pensant que l'endroit où sont plantés les bâtons est aussi l'endroit pour les allumer, je les plonge dans le brasier alors qu'une jeune asiatique me dit que je dois plutôt (''Go there please'') les allumer dans la salle prévue à cet effet. Il me semblait bien aussi que ce n'était pas très cérémonieux... Bon, je ne sais pas trop quel cycle de réincarnation je viens de brûler en faisant ça, mais j'ai fait de mon mieux pour me rattraper après en regardant avec insistance, pendant plusieurs minutes, une statue de bouddha géante. Je suis certaine que je semblais vraiment en conversation profonde avec le Dieu. En fait, nous parlions des ''split-pants'' pour enfants et je lui demandais le pourquoi, du comment de cette abomination...
Après un peu de magasinage et de marchandage en ville, je suis rentrée à l'auberge pour prendre le train pour Shangqiu. Finalement, je suis tellement bonne pour marchander que le trois quarts du temps je resors les mains vides du magasin parce que la vendeuse ne me ''rattrape'' pas pour accepter mon prix. Ce sont les risques du métier, j'imagine, mais je vais devoir pratiquer encore un peu!
En conclusion, Nanjing est vraiment une ville exceptionnelle avec plusieurs attractions et le bon dosage de traditionnel et d'urbain. Je pourrais facilement y vivre, mais la vérité c'est que je me suis ennuyée de ma petite ville et de ses endroits maintenant familiers pendant mon périple. Les prix exorbitants et le regard insistant (encore plus qu'à Shangiqu) des habitants m'ont paru plus hostiles et moins invitants.
Décompte final: Nombre de repas au Mc Do: 2, Total d'argent économisé en marchandant: 600 Yuan, Nombre de marches franchies: Une pour chacune des années de toutes les dynasties chinoises, Nombre d'étrangers aperçus: 12 et Nombre de personnes âgées fatigantes, en haut de 80 ans, rencontrées dans une auberge de jeunesse: 1 seule!
La semaine prochaine, je vais visiter Shanghai avec mes nouveaux amis irlandais... Je ne sais pas pour vous, mais je crois franchement que ce voyage va comporter beaucoup moins de visite au temple et que je ne risque pas de pouvoir me coucher à 9h. Pour vous donner une idée, Ciaran a réservé mon billet et nous partons le 1er octobre.... à 5h du matin... et nous n'avons pas de sièges..
À suivre...
J'ai donc payé mon entrée et je me suis tout de suite dirigée vers l'habitat des pandas. Première constatation: Je suis la seule personne de plus de 15 ans qui n'accompagne pas d'enfants. Il y a beaucoup de bambins... mais vraiment BEAUCOUP et très peu d'adultes!! Je ris dans ma barbe de ce que les Chinois doivent bien se dire de l'étrangère qui s'est perdue et se retrouve seule au zoo, mais je m'amuse follement. Je cherche les pandas dans la végétation, quand même limitée de la cage, pour constater qu'ils sont planqués derrière les branches au fond de l'enclos. Pas de bol pour eux, il y a une passerelle juste au dessus qui permet aux touristes de s'incruster dans leur intimité. Je peux déjà imaginer la conversation des deux pauvres animaux... Dude, they are here AGAIN.. I know man, let's try to hide behind the bush over-there, maybe they won't see us... Oh crap.. Smile man, it's show-time!! But see them, we do! Et tout le monde prend des centaines de photos des deux pandas. Je ne crois pas nécessairement qu'ils sont trop trop malheureux (autant que possible pour des animaux en cage), mais ce sont les Chinois qui sont plutôt amusants à regarder. Ils tendent leurs enfants au dessus de la clôture pour leur permettre de mieux voir, mais n'ayant visiblement rien appris de l'expérience de Michael Jackson avec un certain balcon, un accident est si vite arrivé! Je ne sais pas comment ça se passe en Chine, mais j'ai bien peur que si l'enfant tombe dans la cage, le panda ne passera pas l'après-midi à se rouler dans l'herbe avec lui... Alors voilà, j'en a eu assez de les regarder après 5 minutes, alors j'ai décidé d'aller voir les tigres. Avant de partir, j'ai jeté un dernier regard aux pandas et ils m'ont supplié du regard, d'un air de dire: Noooooo dude, don't leave us with them!
Ce qui est génial du Zoo de Nanjing, c'est qu'il se trouve sur une montagne, alors il faut aussi faire de la randonnée pour voir les animaux. Tout le monde semble faire de l'exercice aux endroits les plus incongrus. En chemin vers l'habitat des tigres, j'ai croisé une vieille dame qui remontait la pente à reculons. Well, Ni Hao, the tigers are the other way.... et il y en avait aussi une autre qui pratiquait la version PLUS du ''tree-humping'' de Shangqiu (elle avait placé un oreiller sur l'arbre... confort total!)... C'est donc rendu national ce truc! Si l'enseignement ne fonctionne pas pour moi, je vais faire de l'argent en devenant gourou de la technique Nadeau!
Pour le reste de la visite, je dois dire que les animaux sont plutôt semblables à ceux des zoos canadiens.. sauf qu'ils parlent chinois (poum poum poum tchishhhhhhh... comme je suis drôle!). Les habitats sont quand même assez grands et les animaux semblent bien nourris et traités. Mon seul moment de frustration est arrivé devant le ''Monkey pit'' où il y avait au moins 70 singes dans une très grande fosse et les gens leur lançaient plein de trucs encore tout emballés... Sérieusement, c'est clair que si tu lances un genre de saucisse à hot-dog dans un cylindre en plastique à un singe, il ne va pas prendre la peine de sortir sa nappe à pique-nique, ses ustensiles et de l'ouvrir avant de la manger. Les gens sont trop cons... c'était assez frustrant de voir les pauvres singes courir pour se jeter sur les bonbons et autres cochonneries qui leur étaient lancés. Si on peut se permettre de servir des tranches de pommes au Mc Donald, je suis persuadée, qu'on peut trouver deux, trois trognons à lancer aux singes.
Finalement, le meilleur moment de ma matinée a été la visite dans la section ''parc d'attraction'' du site. Il y avait un petit chapiteau comme pour des autos tamponneuses, mais c'était un bassin rempli d'eau. À la surface flottaient des bulles géantes où étaient emprisonnées des enfants qui devaient techniquement s'amuser follement. Cependant, je ne suis pas très bonne en physique, mais il me semble qu'une boule de plastique dans l'eau avec un enfant à l'intérieur, ce n'est pas l'idée du siècle. Les pauvres bambins étaient tous couchés au fond parce qu'ils n'arrivaient même pas à se relever et à marcher. C'était plutôt pathétique et ça ne brassait pas trop fort dans le bassin. J'aurais probablement dû rester pour être témoin de ''l'extraction des enfants'', mais je riais beaucoup trop pour être autour des parents qui avaient payé je ne sais quel montant de Yuan pour regarder leur enfant pleurer dans un ballon de Yoga géant.
Je me suis ensuite dirigée vers le lac Xuhanwu pour voir le magnifique jardin qui se trouve sur l'île au centre et visiter les petits temples environnants. À mon grand désarroi, il y avait de la construction sur tout le site et les monuments ''spectaculaires'' de l'île étaient jetés par terre et le gazon était tout arraché. J'ai quand même fait le tour du lac et je me suis plutôt tournée vers l'horizon pour faire dos aux camions et aux grues qui brassaient la poussière derrière moi. Avec mon ipod dans les oreilles qui me permettait de bloquer le son, je me serais presque crue dans un parc national... oh mais attend une minute, c'est un parc national! Je ne me suis donc pas éternisée parce que c'était vraiment moyennement agréable. Si vous pouvez vous imaginer l'attention qu'une jeune fille attire lorsqu'elle passe à côté d'un chantier de construction en Amérique, vous pouvez multiplier tout ça par dix et ce n'est encore qu'une fraction des yeux exorbités et des ''double-take'' que j'ai eu la ''chance'' de provoquer lors de mon passage dans la ''nature''.
La veille, Andrea m'a dit que le petit temple à la sortie du lac était vraiment magnifique alors j'ai décidé d'aller l'explorer. Et oui Andrea m'avait aussi dit que le parc était en construction, mais ma petite tête de mule a préféré aller le voir de ses propres yeux... Es-tu contente Andréanne? Est-ce que tes souliers sont assez plein de poussière pour une journée? Le temple à la sortir du lac est très imposant. Il s'étend sur trois paliers qui comportent plusieurs salles de méditation et de prière. La préposée à l'accueil m'a même remis trois bâtons d'encens pour que je les utilise quelque part lors de ma visite (où? Je ne le savais vraiment pas à ce moment-là). Je fais le tour du site et trouve finalement l'endroit désigné. Il y a un grand bac où plusieurs personnes ont déjà planté leurs encens et certaines personnes font des prières en les tendant vers le ciel. Ne me sentant pas particulièrement pieuse ce jour-là (ou aucun jour dans le fond..), je décide de les allumer et de les planter aussitôt. Il n'y a rien que je déteste plus qu'une personne qui essaie de reproduire les rituels sans trop comprendre pourquoi elle le fait.. C'est cheap et trois fois sur quatre, tu as l'air con.. Mais ne vous inquiétez pas, j'ai tout de même réussi à attirer l'attention sans le vouloir.. Pensant que l'endroit où sont plantés les bâtons est aussi l'endroit pour les allumer, je les plonge dans le brasier alors qu'une jeune asiatique me dit que je dois plutôt (''Go there please'') les allumer dans la salle prévue à cet effet. Il me semblait bien aussi que ce n'était pas très cérémonieux... Bon, je ne sais pas trop quel cycle de réincarnation je viens de brûler en faisant ça, mais j'ai fait de mon mieux pour me rattraper après en regardant avec insistance, pendant plusieurs minutes, une statue de bouddha géante. Je suis certaine que je semblais vraiment en conversation profonde avec le Dieu. En fait, nous parlions des ''split-pants'' pour enfants et je lui demandais le pourquoi, du comment de cette abomination...
Après un peu de magasinage et de marchandage en ville, je suis rentrée à l'auberge pour prendre le train pour Shangqiu. Finalement, je suis tellement bonne pour marchander que le trois quarts du temps je resors les mains vides du magasin parce que la vendeuse ne me ''rattrape'' pas pour accepter mon prix. Ce sont les risques du métier, j'imagine, mais je vais devoir pratiquer encore un peu!
En conclusion, Nanjing est vraiment une ville exceptionnelle avec plusieurs attractions et le bon dosage de traditionnel et d'urbain. Je pourrais facilement y vivre, mais la vérité c'est que je me suis ennuyée de ma petite ville et de ses endroits maintenant familiers pendant mon périple. Les prix exorbitants et le regard insistant (encore plus qu'à Shangiqu) des habitants m'ont paru plus hostiles et moins invitants.
Décompte final: Nombre de repas au Mc Do: 2, Total d'argent économisé en marchandant: 600 Yuan, Nombre de marches franchies: Une pour chacune des années de toutes les dynasties chinoises, Nombre d'étrangers aperçus: 12 et Nombre de personnes âgées fatigantes, en haut de 80 ans, rencontrées dans une auberge de jeunesse: 1 seule!
La semaine prochaine, je vais visiter Shanghai avec mes nouveaux amis irlandais... Je ne sais pas pour vous, mais je crois franchement que ce voyage va comporter beaucoup moins de visite au temple et que je ne risque pas de pouvoir me coucher à 9h. Pour vous donner une idée, Ciaran a réservé mon billet et nous partons le 1er octobre.... à 5h du matin... et nous n'avons pas de sièges..
À suivre...
Thursday, September 23, 2010
Nanjing - Jour 2
Le lendemain, je me réveille encore de très bonne heure, mais je me sens comme si j'ai 90 ans. Je me jette de peine et de misère en bas du lit et traîne mes sandales jusqu'à la douche. Heureusement, il pleut à boire debout alors je ne pourrai pas faire la grande randonnée pédestre que j'avais prévu autour du lac Xuanwu. (On est toujours très optimiste quand on planifie un voyage...) Je décide donc de m'offrir une folie matinale et de me payer un autre café... Visiblement, ils ont changé de ''barista'' parce que mon café est plutôt du concentré de jus d'extrait de grain de café! J'ai les deux yeux bien OUVERT et il est seulement 7h30. J'observe la faune de l'auberge et voit à ma grande stupeur, une femme qui doit bien avoir dans les 70 ans avancés. Après une courte conversation avec elle, lente (la conversation, pas la femme!) et aux décibels beaucoup trop élevés pour cette heure du jour, je découvre qu'elle s'appelle Connie, elle a 83 ans, elle vient de Circus, New York et qu'elle complète son sixième voyage en Chine. Cette enseignante retraitée a passée sa vie à vivre tout juste au dessus du seuil de la pauvreté afin de pouvoir voir le monde. Très franchement, je ne crois pas avoir nommé un seul pays qu'elle n'a pas visité. Vie nomade l'oblige, elle n'a pas de mari, ni d'enfants. Elle est au beau milieu d'un périple qui l'amènera ensuite au Japon et peut-être en Thailande. Elle me demande quels sont mes plans pour la journée et je lui dis que je vais aller visiter le Mémorial pour le massacre de Nanjing. Une autre jeune américaine suit notre conversation et décide de se joindre à nous pour aller explorer un peu la ville. Nous demandons encore à la réception quelle direction prendre et on nous indique un autobus qui passe près de l'auberge. Toute confiante de ma balade concluante de la veille, les deux femmes me suivent jusqu'à l'arrêt. La pluie, qui n'était qu'une petit bruine le matin, tombe maintenant en rideau et nos pauvres parapluies ne fournissent plus. Nous peinons à trouver l'arrêt en tentant en même temps d'arrêter un taxi disponible. Lorsque l'autobus se pointe finalement, mes jeans sont complètement trempés (deux fois en deux jours que je me balade dans des vêtements mouillés mais au moins cette fois-ci c'est par de l'eau!) et la pauvre Connie, qui portait une jupe et des belles petites Reebok blanches a les jambes couvertes par la boue. Je me sens mal pour elle, mais je ne veux surtout pas l'insulter en la catinant. Une femme qui a fait 3 fois le tour du monde n'a pas besoin de se faire demander si elle est ok, elle trouvera bien le moyen de le dire! Dans l'autobus, je sors encore une fois mon mandarin pour demander si nous allons dans la bonne direction, mais le couple de personnes âgés à qui je le demande semble me dire que nous devons prendre un autre autobus. Ils offrent même de nous diriger vers la bonne voie. Nous sortons donc tous ensemble sous la pluie, qui ne veut décidément pas arrêter et nous marchons encore une bonne dizaine de minutes pour prendre un second bus. Je refais le même manège en demandant à un jeune pour m'assurer qu'un ''senior moment'' du gentil couple ne nous aurait pas envoyé dans la mauvaise direction. Et bien oui, semble-t-il que nous devions prendre le métro... Le jeune homme nous escorte alors à la station et nous faisons le reste du trajet dans la toute nouvelle installation de Nanjing. Le métro est propre, rapide et très facile à utiliser... Au diable le bus, je ne le prend plus maintenant. En sortant de la station, nous arrivons au mémorial et nous passons les trois prochaines heures à le visiter. Le musée est très impressionnant. Ce crime contre l'humanité, que les japonais refusent toujours d'admettre, est catalogué et décrit de manière troublante. Les preuves et les témoignagnes s'accumulent pour laisser le visiteur avec une impression d'injustice et une certaine nausée engendrée par les photos graphiques. Ce musée est probablement un des plus détaillé qu'il m'ait été donné de voir, il est au moins le double du musée de la guerre d'Ottawa et couvre un seul sujet.
En plein milieu de la visite, je décide de prendre une pause et d'aller à la salle de bain. Connie me suit et je la regarde se diriger d'un pas déterminé vers les toilettes turques... Et dire que j'ai de la difficulté à les utiliser, je ne peux même pas m'imaginer une petite dame de 83 ans en train de faire le même manège. Mais elle revient sans problème et je l'observe ahurie continuer sa visite comme si de rien n'était. Ah qu'ils sont fait fort cette génération là!
Après le musée, nous retournons à l'auberge.. par métro cette fois-ci et le trajet, qui nous aura pris 4 heures le matin, ne nous prends que 20 minutes..... hum.... Affamés, nous cherchons un petit resto pour casser la croûte, mais je ne sais pas à quel point mes compagnes sont habitués à la cuisine chinoise. Je déniche un endroit qui semble innofensif et je nous commander à manger. Des dumplings, du riz frit et de la soupe. Connie me félicite en me disant que c'est le meilleur repas chinois qu'elle a mangé jusqu'à présent. Et bien ma chère, je vais le prendre ce compliment, merci! Ah si nous étions à Shangqiu, je pourrais leur en mettre plein la vue! Elle refuse tout de même de manger le dessert délicieux que j'apporte parce qu'elle dit qu'elle ne croit pas aimer ça... À ce moment, j'ai une petite pensée pour ma Mamie française! La conversation va bon train et nous discutons des pour et des contre de la vie en voyage. Connie ne regrette pas grand chose, sauf peut-être de ne pas avoir trouvé de mari. Ma copine américaine partage les mêmes inquiétudes que moi, face à l'attrait du voyage, mais aussi de pouvoir prendre racine quelque part. Elle semble beaucoup plus déterminée à continuer à voyager alors que je veux plutôt fonder une famille éventuellement. C'est intéressant de voir Connie nous regarder parler des dilemmes auquels elle a probablement dû faire face dans le passé... À chacun son chemin.
L'après-midi est plutôt tranquille et nous tentons de nous réchauffer un peu. Nous planifions d'aller voir le temple de Confucius et de faire un peu de magasinage. C'est à ce moment que l'âge de Connie la rattrape alors qu'elle s'accroche à mon amie et arrive à lui faire réserver, à sa place, son auberge pour les prochains jours. Je comprends très bien que les gens doivent s'entraider mais je n'ai pas tellement aimé son ton qui semblait plutôt exiger de l'aide qui lui serait dû par... son âge... son expérience... je ne sais pas trop, mais à ce moment, j'en ai un peu assez de jouer à la gardienne. Je suis soulagée quand elle m'annonce qu'elle souhaite visiter la montagne le lendemain alors que j'ai d'autres plans. Elle me demande tout de même de lui monter où se trouve l'arrêt d'autobus, même si je ne sais pas exactement où il se trouve. Je tente de lui expliquer, mais elle insiste pour que je l'accompagne... Exit la PA (personne âgée). C'est vraiment admirable d'arriver à voir le monde à cet âge, mais si on obtient des gens tout ce qu'on veut en les lançant sur un espèce de ''guilt-trip'' parce qu'on est vulnérable et âgée, je ne trouve pas ça très gracieux. Je n'ai malheureusement pas la patience de m'occuper de quelqu'un d'autre quand je veux découvrir le plus possible une ville dans un temps restreint. Visiblement, ce n'est pas une de mes qualités, mais le reconnaître ne fait que me faire grandir, non? Je l'enverrai tout de même dans la bonne direction...
En soirée, une autre jeune femme, Andrea, de la Suisse se joint à notre petit groupe pour la visite. Nous faisons un pit-stop par l'épicerie pour que Connie s'achète des nouilles pour le matin et quelques autres trucs. Elle ne trouve pas ce qu'elle cherche alors je l'aide à trouver ses produits (voilà ma bonne action, maintenant laissez-moi tranquille!). Elle paye même avec son petit change pendant 20 minutes... En ce moment, je dois vous dire que je retiens toutes les blagues imaginables à ce sujet. Je remarque tout de même qu'Andrea a un petit sourire en coin et qu'elle pense probablement la même chose que moi de cette dame. En arrivant au temple, Connie qui n'arrive pas à avoir de rabais pour les personnes âgés décide de rebrousser chemin et de retourner à l'auberge. Avant de laisser tomber, elle tente même d'entrer dans le temple sans billet et de jouer la carte du ''Stupid foreigner'' qui ne savait pas qu'elle avait besoin d'un billet en raison de son âge...?! Hum, je n'aime pas ça, ce petit jeu nous fait passer pour des imbéciles et des profiteurs... Finalement, nous sommes alors seulement les trois filles et nous nous amusons follement. Le temple est clairement un attrape nigaud, mais c'est drôle et kitch et nous avons bien du plaisir. Arrivé au centre, nous pouvons assister à un spectacle de musique traditionnelle chinoise alors nous prenons place pour écouter la représentation. Au même moment, arrive Connie qui a entendu dire qu'il y avait un spectacle et qui a décidé de tout de même entrer au temple (les méchants dans les films d'actions ont toujours un 2e souffle...). Elle ne s'assoit pas avec nous, manque de siège, mais le ''mood'' du groupe change un peu. Nous savons que nous allons être pris avec elle pour le reste de la soirée. Andrea a exactement la même attitude que moi qui est plutôt, ''keep-up or else...'', mais Kristy s'occupe de Connie comme si elle était sa propre grand-mère. Le groupe se divise alors et je continue à me promener en ville avec Andrea. Nous faisons les boutiques en marchandant le plus possible. Ma nouvelle amie est bien bonne à ce petit jeu, étant donné qu'elle habite déjà en Chine depuis 6 mois. Nous terminons la soirée au McDo (oui, oui je sais...) où nous continuons à jaser au dessus d'un festin de McCroquettes...
En plein milieu de la visite, je décide de prendre une pause et d'aller à la salle de bain. Connie me suit et je la regarde se diriger d'un pas déterminé vers les toilettes turques... Et dire que j'ai de la difficulté à les utiliser, je ne peux même pas m'imaginer une petite dame de 83 ans en train de faire le même manège. Mais elle revient sans problème et je l'observe ahurie continuer sa visite comme si de rien n'était. Ah qu'ils sont fait fort cette génération là!
Après le musée, nous retournons à l'auberge.. par métro cette fois-ci et le trajet, qui nous aura pris 4 heures le matin, ne nous prends que 20 minutes..... hum.... Affamés, nous cherchons un petit resto pour casser la croûte, mais je ne sais pas à quel point mes compagnes sont habitués à la cuisine chinoise. Je déniche un endroit qui semble innofensif et je nous commander à manger. Des dumplings, du riz frit et de la soupe. Connie me félicite en me disant que c'est le meilleur repas chinois qu'elle a mangé jusqu'à présent. Et bien ma chère, je vais le prendre ce compliment, merci! Ah si nous étions à Shangqiu, je pourrais leur en mettre plein la vue! Elle refuse tout de même de manger le dessert délicieux que j'apporte parce qu'elle dit qu'elle ne croit pas aimer ça... À ce moment, j'ai une petite pensée pour ma Mamie française! La conversation va bon train et nous discutons des pour et des contre de la vie en voyage. Connie ne regrette pas grand chose, sauf peut-être de ne pas avoir trouvé de mari. Ma copine américaine partage les mêmes inquiétudes que moi, face à l'attrait du voyage, mais aussi de pouvoir prendre racine quelque part. Elle semble beaucoup plus déterminée à continuer à voyager alors que je veux plutôt fonder une famille éventuellement. C'est intéressant de voir Connie nous regarder parler des dilemmes auquels elle a probablement dû faire face dans le passé... À chacun son chemin.
L'après-midi est plutôt tranquille et nous tentons de nous réchauffer un peu. Nous planifions d'aller voir le temple de Confucius et de faire un peu de magasinage. C'est à ce moment que l'âge de Connie la rattrape alors qu'elle s'accroche à mon amie et arrive à lui faire réserver, à sa place, son auberge pour les prochains jours. Je comprends très bien que les gens doivent s'entraider mais je n'ai pas tellement aimé son ton qui semblait plutôt exiger de l'aide qui lui serait dû par... son âge... son expérience... je ne sais pas trop, mais à ce moment, j'en ai un peu assez de jouer à la gardienne. Je suis soulagée quand elle m'annonce qu'elle souhaite visiter la montagne le lendemain alors que j'ai d'autres plans. Elle me demande tout de même de lui monter où se trouve l'arrêt d'autobus, même si je ne sais pas exactement où il se trouve. Je tente de lui expliquer, mais elle insiste pour que je l'accompagne... Exit la PA (personne âgée). C'est vraiment admirable d'arriver à voir le monde à cet âge, mais si on obtient des gens tout ce qu'on veut en les lançant sur un espèce de ''guilt-trip'' parce qu'on est vulnérable et âgée, je ne trouve pas ça très gracieux. Je n'ai malheureusement pas la patience de m'occuper de quelqu'un d'autre quand je veux découvrir le plus possible une ville dans un temps restreint. Visiblement, ce n'est pas une de mes qualités, mais le reconnaître ne fait que me faire grandir, non? Je l'enverrai tout de même dans la bonne direction...
En soirée, une autre jeune femme, Andrea, de la Suisse se joint à notre petit groupe pour la visite. Nous faisons un pit-stop par l'épicerie pour que Connie s'achète des nouilles pour le matin et quelques autres trucs. Elle ne trouve pas ce qu'elle cherche alors je l'aide à trouver ses produits (voilà ma bonne action, maintenant laissez-moi tranquille!). Elle paye même avec son petit change pendant 20 minutes... En ce moment, je dois vous dire que je retiens toutes les blagues imaginables à ce sujet. Je remarque tout de même qu'Andrea a un petit sourire en coin et qu'elle pense probablement la même chose que moi de cette dame. En arrivant au temple, Connie qui n'arrive pas à avoir de rabais pour les personnes âgés décide de rebrousser chemin et de retourner à l'auberge. Avant de laisser tomber, elle tente même d'entrer dans le temple sans billet et de jouer la carte du ''Stupid foreigner'' qui ne savait pas qu'elle avait besoin d'un billet en raison de son âge...?! Hum, je n'aime pas ça, ce petit jeu nous fait passer pour des imbéciles et des profiteurs... Finalement, nous sommes alors seulement les trois filles et nous nous amusons follement. Le temple est clairement un attrape nigaud, mais c'est drôle et kitch et nous avons bien du plaisir. Arrivé au centre, nous pouvons assister à un spectacle de musique traditionnelle chinoise alors nous prenons place pour écouter la représentation. Au même moment, arrive Connie qui a entendu dire qu'il y avait un spectacle et qui a décidé de tout de même entrer au temple (les méchants dans les films d'actions ont toujours un 2e souffle...). Elle ne s'assoit pas avec nous, manque de siège, mais le ''mood'' du groupe change un peu. Nous savons que nous allons être pris avec elle pour le reste de la soirée. Andrea a exactement la même attitude que moi qui est plutôt, ''keep-up or else...'', mais Kristy s'occupe de Connie comme si elle était sa propre grand-mère. Le groupe se divise alors et je continue à me promener en ville avec Andrea. Nous faisons les boutiques en marchandant le plus possible. Ma nouvelle amie est bien bonne à ce petit jeu, étant donné qu'elle habite déjà en Chine depuis 6 mois. Nous terminons la soirée au McDo (oui, oui je sais...) où nous continuons à jaser au dessus d'un festin de McCroquettes...
Nanjing - Jour 1
Après un voyage de 3h dans le train rapide, je sors de la station à Nanjing et reste bouche-bée pendant plusieurs minutes. La ville est en plein ''mode de nuit'' et les néons ne font qu'une mince compétition à l'impressionnant sky-line qui est dévoilé devant moi. Il y a même une fontaine qui reproduit le jeu d'eau devant le Bellagio de Las Vegas et je ne peux m'empêcher de sourire en pensant qu'il y a à peine quelques heures, j'étais à Shangqiu, où l'attration principale est le KFC... Tel que promis, je cherche frénétiquement le McDonald. Désolée, je sais que c'est un peu cliché, mais j'aime ça bon et je ne peux attendre avant d'attaquer un délicieux Big Mac. Je trouve donc le restaurant et m'apprête à gesticuler et commander en mandarin quand la serveuse me tend un menu pour étranger, plastifié et avec tous les items facilement pointables. Elle me demande ensuite en anglais si je veux manger sur place... Ahhh je sens déjà la paresse linguistique qui s'installe. Pour les curieux, le sandwich goûte exactement comme à la maison, sauf peut-être pour le fromage qui arbore un jaune-fluo radioactif. Je termine le tout en un temps records et la fatigue se faisant bien présente, je décide de trouver un taxi. Je vois plusieurs gars qui traînent autour de leur voitures alors je leur demande s'ils sont disponibles. Leur yeux se transforment soudainement en signe de dollar et ils s'approchent de moi, tels des vautours décrivant des cercles autour de leur proie. Je pointe alors sur la carte mon auberge de jeunesse et m'apprête à entrer dans la voiture quand il me dit: '' How much??''... Hum mon gars, tu vas être bien gentil et tu vas partir ton meter parce que je ne me ferai pas avoir ce soir au jeu du prix fixe. Malheureusement, il me baragouine quelque chose sur son meter qui n'est pas fonctionnel alors je me trouve dans l'obligation de négocier. Il commence à 90 Yuan... Pour vous donner une idée, un taxi peut vous amener n'importe où à Shangqiu pour 6 Yuan. You are not in Kansas anymore Dorothy.. J'arrive donc à faire baisser le prix de la course à 40 Yuan (qui est un total ''rip-off'' quand même) mais je suis fatiguée et ne veux pas rester tout la nuit à la station de train. Il me dépose devant mon auberge, qui est un endroit très cute et je trouve tout de suite ma chambre. Je profite tout de même de la nuit pour aller me promener près du Confucious Temple qui est flanqué de 3 rues piétonnes où les gens font les boutiques et mangent dans les restaurants avoisinants. Je retourne tout de même très tôt à ma chambre pour être en forme pour ma première journée de visite du lendemain.
Je me fait réveiller par le gazouillement des oiseaux à 7h... Ok pas vraiment, plus par le bruit des taxis et des chinois qui se raclent la gorge comme eux-seuls savent le faire, mais je suis debout et c'est l'essentiel. Lorsque je mets mes lunettes, je remarque que la personne qui dors dans le lit d'à côté (je suis dans un dortoir à 4 lits pour femmes) a beaucoup de moustache pour une petite asiatique... et qu'elle (il) dors en bédaine.. oups on dirait bien que ce n'est pas un dortoir pour femme finalement. Au moins il n'a pas ronflé alors ça va.... Je m'habille en vitesse et décide d'aller déjeuner au resto de l'auberge. Encore une fois, je tombe en bas de mon tabouret en regardant la liste des prix... Un bon café frais coûte 25 Yuan, à peu près le double, d'un repas complet avec bière chez moi. Vous comprenez maintenant que tout coûte excessivement plus cher ici alors pour le bien de mon récit, je vais arrêter de le mentionner mais vous pouvez tout de même vous imaginer ma face de ''Quoi, tu me niaises?'' que j'ai fait chaque fois avant de sortir mon porte-feuille. Si on convertis en argent canadien, c'est vraiment des peanuts, mais je suis rendue une ''vrai chinoise'' maintenant (rémunérée en Yuan) et je suis aussi cheap de nature alors vous pouvez comprendre mon irritation. Je bois mon petit latté le plus lentement possible en savourant les arômes subtiles du café filtre et je fais mes plans pour la journée. J'ai décidé d'attaquer la montagne mauve, où se trouve le Mausoleum du Dr. Sun Yat Sen et les temples environnants.
Le jeune homme à la réception me dit que je dois prendre l'autobus #2 pour les touristes et qu'il va m'amener directement à la montagne.... Pfff trop facile alors je sors de l'auberge avec confiance et me dirige vers la route. En achetant une bouteille d'eau, j'essai de demander au vendeur où se trouve l'arrêt en mandarin. Wo jiao qu Gong Gong xi che (autobus en mandarin) WanShang. Soit disant passant, je crois que c'est mon mot préféré en mandarin, il me fait bien rire et se trouve au sommet de mon palmarès avec Miam Bao (pain) et Niao Nai (lait). Il ne comprend pas et se fout de ma gueule alors je lui fais un grand sourire qui veut dire: Et bien au moins mon gars, moi je parle anglais et j'essai, espèce de plouc. Je trouve le bus, embarque et regarde avidement par la fenêtre comme on le fait quand on se trouve dans un endroit inconnu et qu'on a peur d'avoir pris par erreur le bus direct pour Shanghai. Finalement, j'arrive devant le grand signe qui annonce le Mausoleum. En entrant dans le parc, je cherche d'autres étrangers, mais je suis vraiment la seule personne qui n'est pas chinoise... remarque qu'il y avait peut-être des japonais ou des coréens, mais mon asian-dar est pas encore assez rafiné pour ça!
Le Mausoleum se trouve au sommet d'un impressionnant escalier mais la montée est quand même assez facile. Pour une fois, les marches sont égales et la pente, raisonnable. Jugeant par la moyenne d'âge des autres touristes (autour de 65 ans), le temple-sighting est une activité populaire en Chine et je ne peux absolument pas avoir l'air essouflée en arrivant au sommet! Ça paraîtrait assez mal de m'appuyer sur une petite grand-mère pour reprendre mon souffle! Étrangement, le temple ressemble beaucoup au Lincoln Memorial (en plus petit), mais à l'arrière, il y a la crypte où est enterré le Dr. Sun Yat Sen. On peut donc faire le tour de la salle ronde et regarder le tombeau... ouf ce n'est pas ma tasse de thé et je fais 2 pas à l'intérieur avant rebrousser chemin.. à chacun son truc s'il-vous-plaît! Je continue d'explorer les différents temples qui sont éparpillés sur la montagne et ne rencontre vraiment pas beaucoup de touristes. Je crois que le secret du ''momentum'' des visiteurs est justement de choisir une ou deux attractions et de laisser faire le reste, mais je ne peux absolument pas manquer tous les lacs, parcs et monuments alors je marche... et je marche... et je marche... j'entends vaguement ma mère qui me dit: Ménage ta monture Andréanne, mais mes jambes sont toutes fraîches de mon repos de la veille. Je me fais leurrer dans un petit restaurant qui annonce de la nourriture végétarienne, mais 50 Yuan plus tard, j'ai mangé une soupe et de la viande/tofu/champignon (je sais pas encore) sans vraiment de satisfaction et j'aurais probablement pu acheter la même chose des street-vendeurs en chemin. Bof, je suis en vacances, n'est-ce pas le prérequis de se faire arnaquer un peu?
Ensuite, je visite la Pagoda, qui est une tour impressionnante de 8 étages d'où on peut avoir une vue panoramique de la ville et de la montagne mauve. Je réalise seulement à ce moment la distance que j'ai parcourue à pied parce que j'aperçois, au loin dans la forêt, le Mausoleum. En redescendant, je pense à mon séjours à la Méga-structure de l'armée et à ces 6 étages que nous devions monter plusieurs fois par jour. Ah que de (bons..) souvenirs. Arrivée au sol, je décide de prendre l'autobus pour visiter la dernière attraction de la montage: The Ming Tomb. Je reprends le bus #2 et réalise très rapidement, que je vais dans la mauvaise direction (... et voilà l'histoire innévitable de confusion dans le système de transport en commun chinois), j'enclenche alors mon gps interne (merci gênes Clot) et retrouve vaguement ma position sur la carte. Finalement je décide que si je veux pouvoir voir la dernière attraction avant la tombée de la nuit, je vais devoir piler sur mon orgueil et prendre un taxi. 10 Yuan plus tard, j'arrive à l'entrée du site et commence mon exploration.
Oh so underwhelming... Le site n'est vraiment pas très impressionnant et je regrette amèrement d'avoir réalisée que j'étais dans le bus qui me ramenait à la ville... J'aurais très bien pu retourner directement à l'auberge et ne plus jamais entendre parler de cette maudite tombe. Chaque site me tire des lèvres un: Oh that's it.. ou Nulle...nulle.. nulle. Tout est retappé et ça fait cheap et touristique. En plus, les touristes, qui ne sont visiblement pas très stimulés par le paysage décident qu'il est plus intéressant de prendre des photos de ''l'étrangère qui regarde les sites'' que du site en tant que tel. J'ai envie de monter sur un petit banc et de faire une grand scène en criant: ''Are you happy now?? Take your pictures... do it!''. Mais l'après-midi n'est pas très propice au mélodrame alors je me cache dans la forêt et décide de continuer mon chemin. Plus tôt dans la journée, j'ai vu sur ma carte qu'un chemin relie le dernier site de la Ming Tomb avec le sommet de la montagne. Plutôt que de tout redescendre et de prendre le téléphérique, je me dis que je vais seulement terminer la montée à pied.... hahah comme je suis naïve!
Je m'arrête devant le plus long escalier qu'il m'aie jamais été donné de voir et qui serait très cinématographique dans un film de Kung-fu où le maître doit ''casser'' le moral de la recrue avant de commencer son entraînement. Mes options sont plutôt limitées considérant mes jambes de cotton après les 30 derniers kilomètres de marche. Je peux rebrousser chemin et trouver le téléphérique, mais je vais devoir marche encore un bon moment et prendre la chance de me perdre avec un autre autobus ou je peux simplement ''bite the bullet'' et m'offrir un bon work-out vraiment pas nécessaire après une journée comme celle-ci. Je commence l'ascension, une marche à la fois, en regardant derrière moi à tous les quelques mètres questions d'évaluer mon progrès. Il n'y en aura pas de facile les gars... À mi-chemin, je sue de toutes les pores de la peau (moustache, front, menton, cou, avant-bras, nombril, etc.). Mon t-shirt est détrempé, ma respiration franchement haletante et j'essai sans succès d'aller dans ma ''happy-place'' mentale. Habituellement, lorsque je cours, pour régulariser ma respiration, je chante ''Hey Jude'' dans ma tête (ne me demandez pas pourquoi, je ne sais pas), mais je n'arrive même pas à me souvenir des paroles tellement je suis obsédée par les marches irrégulières et les cailloux ridiculement petits qui menacent de me tourner les chevilles, comme seul je sais le faire. Je croise un homme qui fais le chemin inverse et qui me jete un regard compatissant voulant dire: Oh you stupid foreigner, didn't you see the cable car on your map? J'arrive finalement au sommet et j'en profite pour terminer ma bouteille d'eau et regarder un peu le paysage. À ce point, je suis tellement vidée que j'en ai rien à foutre de la vue de Nanjing. Je veux seulement trouver le téléphérique et aller me coucher. Deux options s'offrent à moi: je peux soit prendre un petit chemin à gauche qui descent et qui semble m'amener au bon endroit ou je peux emprunter un autre escalier qui monte encore pendant une bonne cinquantaine de mètres. Pfff un fou dans une poche.. je tourne à gauche. Après plusieurs mètres, j'arrive à une station d'approvisonnement où j'achète de l'eau et demande à la dame où se trouve le téléphérique. Elle me pointe d'autres escaliers et je lui lance un grand: Are you kidding me?? L'escalier d'avant était en fait le ''short-cut''... Je n'ai pas le choix, je continue à monter. Ce qui se passe dans ma tête à ce moment-là ne peux vraiment pas se répéter dans un blog familial. Premièrement, je commence par me dire qu'il doit bien y avoir une marche pour chacune des années, des dynasties chinoises. Année un de la dynastie Ming, année deux de la dynastie Ming, année trois... je continue ce petit jeu pendant quelques minutes. Deuxièmement, j'observe les déchets qui sont parsemés dans le parcours et me demande franchement qui aurait bien envie de manger un épi de maïs pendant une randonnée. Troisièment, je pense à la grosse pizza que je vais m'offrir en arrivant et à tous ses ingrédients et sa croûte farcie... (vous pouvez sûrement deviner où je compte bien aller souper). Finalement, je commence une course imaginaire avec le jeune homme qui est devant moi et quand j'arrive à le dépasser, son égo semble blessé et il redouble d'ardeur. Je termine quand même première (Ha!) et m'effondre sur une grosse roche au (vrai) sommet cette fois. J'achète mon billet et me repose en admirant la vue du téléphérique.
Le reste de la soirée est un peu vague... je sais que je suis allée au Pizza Hut, j'ai mangé comme jamais, sans me changer ou prendre ma douche (ouf...), j'ai bu une grande bière à l'auberge et je me suis probablement couchée à 9h. Oui je n'ai plus de jambes, oui mes vêtements de la journée sont complètement inutilisables pour le reste de mon voyage, mais ce que j'ai vu cette journée-là en valait franchement la peine (sauf pour cette putain de Ming Tomb.. sérieusement, ne pensez même pas, peut-être envisager d'y aller pour quelques minutes...les photos sur Internet sont beaucoup mieux)
Je me fait réveiller par le gazouillement des oiseaux à 7h... Ok pas vraiment, plus par le bruit des taxis et des chinois qui se raclent la gorge comme eux-seuls savent le faire, mais je suis debout et c'est l'essentiel. Lorsque je mets mes lunettes, je remarque que la personne qui dors dans le lit d'à côté (je suis dans un dortoir à 4 lits pour femmes) a beaucoup de moustache pour une petite asiatique... et qu'elle (il) dors en bédaine.. oups on dirait bien que ce n'est pas un dortoir pour femme finalement. Au moins il n'a pas ronflé alors ça va.... Je m'habille en vitesse et décide d'aller déjeuner au resto de l'auberge. Encore une fois, je tombe en bas de mon tabouret en regardant la liste des prix... Un bon café frais coûte 25 Yuan, à peu près le double, d'un repas complet avec bière chez moi. Vous comprenez maintenant que tout coûte excessivement plus cher ici alors pour le bien de mon récit, je vais arrêter de le mentionner mais vous pouvez tout de même vous imaginer ma face de ''Quoi, tu me niaises?'' que j'ai fait chaque fois avant de sortir mon porte-feuille. Si on convertis en argent canadien, c'est vraiment des peanuts, mais je suis rendue une ''vrai chinoise'' maintenant (rémunérée en Yuan) et je suis aussi cheap de nature alors vous pouvez comprendre mon irritation. Je bois mon petit latté le plus lentement possible en savourant les arômes subtiles du café filtre et je fais mes plans pour la journée. J'ai décidé d'attaquer la montagne mauve, où se trouve le Mausoleum du Dr. Sun Yat Sen et les temples environnants.
Le jeune homme à la réception me dit que je dois prendre l'autobus #2 pour les touristes et qu'il va m'amener directement à la montagne.... Pfff trop facile alors je sors de l'auberge avec confiance et me dirige vers la route. En achetant une bouteille d'eau, j'essai de demander au vendeur où se trouve l'arrêt en mandarin. Wo jiao qu Gong Gong xi che (autobus en mandarin) WanShang. Soit disant passant, je crois que c'est mon mot préféré en mandarin, il me fait bien rire et se trouve au sommet de mon palmarès avec Miam Bao (pain) et Niao Nai (lait). Il ne comprend pas et se fout de ma gueule alors je lui fais un grand sourire qui veut dire: Et bien au moins mon gars, moi je parle anglais et j'essai, espèce de plouc. Je trouve le bus, embarque et regarde avidement par la fenêtre comme on le fait quand on se trouve dans un endroit inconnu et qu'on a peur d'avoir pris par erreur le bus direct pour Shanghai. Finalement, j'arrive devant le grand signe qui annonce le Mausoleum. En entrant dans le parc, je cherche d'autres étrangers, mais je suis vraiment la seule personne qui n'est pas chinoise... remarque qu'il y avait peut-être des japonais ou des coréens, mais mon asian-dar est pas encore assez rafiné pour ça!
Le Mausoleum se trouve au sommet d'un impressionnant escalier mais la montée est quand même assez facile. Pour une fois, les marches sont égales et la pente, raisonnable. Jugeant par la moyenne d'âge des autres touristes (autour de 65 ans), le temple-sighting est une activité populaire en Chine et je ne peux absolument pas avoir l'air essouflée en arrivant au sommet! Ça paraîtrait assez mal de m'appuyer sur une petite grand-mère pour reprendre mon souffle! Étrangement, le temple ressemble beaucoup au Lincoln Memorial (en plus petit), mais à l'arrière, il y a la crypte où est enterré le Dr. Sun Yat Sen. On peut donc faire le tour de la salle ronde et regarder le tombeau... ouf ce n'est pas ma tasse de thé et je fais 2 pas à l'intérieur avant rebrousser chemin.. à chacun son truc s'il-vous-plaît! Je continue d'explorer les différents temples qui sont éparpillés sur la montagne et ne rencontre vraiment pas beaucoup de touristes. Je crois que le secret du ''momentum'' des visiteurs est justement de choisir une ou deux attractions et de laisser faire le reste, mais je ne peux absolument pas manquer tous les lacs, parcs et monuments alors je marche... et je marche... et je marche... j'entends vaguement ma mère qui me dit: Ménage ta monture Andréanne, mais mes jambes sont toutes fraîches de mon repos de la veille. Je me fais leurrer dans un petit restaurant qui annonce de la nourriture végétarienne, mais 50 Yuan plus tard, j'ai mangé une soupe et de la viande/tofu/champignon (je sais pas encore) sans vraiment de satisfaction et j'aurais probablement pu acheter la même chose des street-vendeurs en chemin. Bof, je suis en vacances, n'est-ce pas le prérequis de se faire arnaquer un peu?
Ensuite, je visite la Pagoda, qui est une tour impressionnante de 8 étages d'où on peut avoir une vue panoramique de la ville et de la montagne mauve. Je réalise seulement à ce moment la distance que j'ai parcourue à pied parce que j'aperçois, au loin dans la forêt, le Mausoleum. En redescendant, je pense à mon séjours à la Méga-structure de l'armée et à ces 6 étages que nous devions monter plusieurs fois par jour. Ah que de (bons..) souvenirs. Arrivée au sol, je décide de prendre l'autobus pour visiter la dernière attraction de la montage: The Ming Tomb. Je reprends le bus #2 et réalise très rapidement, que je vais dans la mauvaise direction (... et voilà l'histoire innévitable de confusion dans le système de transport en commun chinois), j'enclenche alors mon gps interne (merci gênes Clot) et retrouve vaguement ma position sur la carte. Finalement je décide que si je veux pouvoir voir la dernière attraction avant la tombée de la nuit, je vais devoir piler sur mon orgueil et prendre un taxi. 10 Yuan plus tard, j'arrive à l'entrée du site et commence mon exploration.
Oh so underwhelming... Le site n'est vraiment pas très impressionnant et je regrette amèrement d'avoir réalisée que j'étais dans le bus qui me ramenait à la ville... J'aurais très bien pu retourner directement à l'auberge et ne plus jamais entendre parler de cette maudite tombe. Chaque site me tire des lèvres un: Oh that's it.. ou Nulle...nulle.. nulle. Tout est retappé et ça fait cheap et touristique. En plus, les touristes, qui ne sont visiblement pas très stimulés par le paysage décident qu'il est plus intéressant de prendre des photos de ''l'étrangère qui regarde les sites'' que du site en tant que tel. J'ai envie de monter sur un petit banc et de faire une grand scène en criant: ''Are you happy now?? Take your pictures... do it!''. Mais l'après-midi n'est pas très propice au mélodrame alors je me cache dans la forêt et décide de continuer mon chemin. Plus tôt dans la journée, j'ai vu sur ma carte qu'un chemin relie le dernier site de la Ming Tomb avec le sommet de la montagne. Plutôt que de tout redescendre et de prendre le téléphérique, je me dis que je vais seulement terminer la montée à pied.... hahah comme je suis naïve!
Je m'arrête devant le plus long escalier qu'il m'aie jamais été donné de voir et qui serait très cinématographique dans un film de Kung-fu où le maître doit ''casser'' le moral de la recrue avant de commencer son entraînement. Mes options sont plutôt limitées considérant mes jambes de cotton après les 30 derniers kilomètres de marche. Je peux rebrousser chemin et trouver le téléphérique, mais je vais devoir marche encore un bon moment et prendre la chance de me perdre avec un autre autobus ou je peux simplement ''bite the bullet'' et m'offrir un bon work-out vraiment pas nécessaire après une journée comme celle-ci. Je commence l'ascension, une marche à la fois, en regardant derrière moi à tous les quelques mètres questions d'évaluer mon progrès. Il n'y en aura pas de facile les gars... À mi-chemin, je sue de toutes les pores de la peau (moustache, front, menton, cou, avant-bras, nombril, etc.). Mon t-shirt est détrempé, ma respiration franchement haletante et j'essai sans succès d'aller dans ma ''happy-place'' mentale. Habituellement, lorsque je cours, pour régulariser ma respiration, je chante ''Hey Jude'' dans ma tête (ne me demandez pas pourquoi, je ne sais pas), mais je n'arrive même pas à me souvenir des paroles tellement je suis obsédée par les marches irrégulières et les cailloux ridiculement petits qui menacent de me tourner les chevilles, comme seul je sais le faire. Je croise un homme qui fais le chemin inverse et qui me jete un regard compatissant voulant dire: Oh you stupid foreigner, didn't you see the cable car on your map? J'arrive finalement au sommet et j'en profite pour terminer ma bouteille d'eau et regarder un peu le paysage. À ce point, je suis tellement vidée que j'en ai rien à foutre de la vue de Nanjing. Je veux seulement trouver le téléphérique et aller me coucher. Deux options s'offrent à moi: je peux soit prendre un petit chemin à gauche qui descent et qui semble m'amener au bon endroit ou je peux emprunter un autre escalier qui monte encore pendant une bonne cinquantaine de mètres. Pfff un fou dans une poche.. je tourne à gauche. Après plusieurs mètres, j'arrive à une station d'approvisonnement où j'achète de l'eau et demande à la dame où se trouve le téléphérique. Elle me pointe d'autres escaliers et je lui lance un grand: Are you kidding me?? L'escalier d'avant était en fait le ''short-cut''... Je n'ai pas le choix, je continue à monter. Ce qui se passe dans ma tête à ce moment-là ne peux vraiment pas se répéter dans un blog familial. Premièrement, je commence par me dire qu'il doit bien y avoir une marche pour chacune des années, des dynasties chinoises. Année un de la dynastie Ming, année deux de la dynastie Ming, année trois... je continue ce petit jeu pendant quelques minutes. Deuxièmement, j'observe les déchets qui sont parsemés dans le parcours et me demande franchement qui aurait bien envie de manger un épi de maïs pendant une randonnée. Troisièment, je pense à la grosse pizza que je vais m'offrir en arrivant et à tous ses ingrédients et sa croûte farcie... (vous pouvez sûrement deviner où je compte bien aller souper). Finalement, je commence une course imaginaire avec le jeune homme qui est devant moi et quand j'arrive à le dépasser, son égo semble blessé et il redouble d'ardeur. Je termine quand même première (Ha!) et m'effondre sur une grosse roche au (vrai) sommet cette fois. J'achète mon billet et me repose en admirant la vue du téléphérique.
Le reste de la soirée est un peu vague... je sais que je suis allée au Pizza Hut, j'ai mangé comme jamais, sans me changer ou prendre ma douche (ouf...), j'ai bu une grande bière à l'auberge et je me suis probablement couchée à 9h. Oui je n'ai plus de jambes, oui mes vêtements de la journée sont complètement inutilisables pour le reste de mon voyage, mais ce que j'ai vu cette journée-là en valait franchement la peine (sauf pour cette putain de Ming Tomb.. sérieusement, ne pensez même pas, peut-être envisager d'y aller pour quelques minutes...les photos sur Internet sont beaucoup mieux)
Saturday, September 18, 2010
Regarde maman, on en a pas de ça chez nous!
...et par ça, je veux dire des étrangers. Depuis vendredi, les ''Freshmans'' sont arrivés sur le campus pour s'installer avant le début de leurs cours. Ils amènent donc leur parents pour leur faire visiter. Avec les 20 000 étudiants et leurs familles, c'est jaune de monde!!(je me permet cette blague douteuse parce que j'en ai gagné le droit au nombre de fois à la seconde où je me fais dévisager quand je sors de chez moi). Le seul hic, c'est que la majorité de ces étudiants viennent de tout petits villages où il n'y a pas de télévision et encore moins d'étranger alors ça pointe et ça dévisage allégrement. Justement, parlant de dévisager, toutes ces familles ont avec eux des caméras et la gêne n'est définitivement pas au rendez-vous. En sortant de mon bâtiment pendant une pause, je me suis fait pointer plusieurs objectifs grandeur papparazi sous le nez sans jamais me faire adresser la parole. J'ai tout de suite essayé de me sauver, mais certains m'ont apostrophé pour que je prenne la pose avec leur famille. Thank god pour mes cheveux semi-longs qui me permettent de ma cacher derrière ma frange! Certains d'entre-vous trouveraient peut-être l'exercice bien drôle, mais entre deux cours avec seulement dix minutes de pause, j'ai d'autres choses à faire que de jouer à Paris Hilton! Inspire... expire... grand sourire.... inspire....expire.... Ça pourrait être pire Andréanne, tu pourrais être un Irlandais roux comme ton nouvel ami Ciaran! Demain tu seras à Nanjing où il y aura sûrement plus d'étrangers... Peut-être même une vingtaine!
Comme un panda dans un jeu de Mahjong
''Let's go Andy I give you a ride...'' Voilà ce que mon ami Lechung me dit alors qu'on quitte mon appart pour aller dîner. Je regarde son tout petit vélo de l'époque de Mao en me demandant comment est-ce qu'il compte bien me donner une ''ride''... C'est alors qu'il pointe le petit support tout rouillé au dessus de la roue arrière, qui je croyais, servait seulement à transporter un sac d'épicerie... max 2! Je ris nerveusement (comme je le fais souvent en Chine ces temps-ci!) et enfourche le truc en priant pour qu'il tienne au moins quelques mètres et comme ça, s'il lâche, que je puisse blâmer le rack et non mon derrière! Je suis donc assis en califourchon à quelques centimètres du sol, sur le petit morceau de métal et je tente, tant bien que mal, de retenir toutes mes extrémités à l'intérieur du véhicule. Juste au moment où je me demande où je dois bien pouvoir poser mes pieds, question de réduire l'intensité de mon ''work-out'', Lechung se retourne et se met à rire de moi. ''No, no Andy, not like that, on the side like a girl...''. OF COURSE que je suis pas assis de la bonne manière ou comme une petite chinoise d'une bonne famille, je suis une canadienne, d'une grandeur vraiment discutable pour ce type d'activité! Je me repositionne donc sur le rack, persuadée que dans cette nouvelle position mon poids va débalancer le vélo et que Lechung va nous conduire directement dans le gros tas de déchets au prochain tournant. Nous allons donc de cette manière jusqu'au restaurant et pendant tout le trajet, les étudiants qui nous voient prennent des photos et me font des ''Beu-bye''. Ah si je ne me tenais pas si fermement à la taille ''bamboo size'' de Lechung, je leur flasherais un signe de Peace! Et croire que les chinois arrivent à texter du rack, ça me dépasse complètement!
Arrivés à destination, je me déplie et on entre dans le resto pour manger des nouilles. La serveuse nous apporte deux bols et on attaque le repas avec nos baguettes. Si vous pouvez vous imaginer, nouilles mouillés + baguettes + distance jusqu'à ma bouche... ça éclabousse partout! Lechung est pratiquement couché dans son plat où il aspire gaiement le tout en faisant des bruits d'aspirateur Hoover. Les gens qui me connaissent savent que je mange même ma pizza avec des ustensiles alors je cherche la manière ''propre'' de ne pas me faire trop rapidement une barbe de jus... Sans succès... Lorsque le repas est terminé et que nous avons éliminé notre succulent plat, les dégats sont considérables. J'en ai probablement dans les cheveux, mais mon ami est trop poli pour me le dire alors nous nous débarbouillons rapidement avant de continuer notre après-midi de magasinage. Mémo personnel: Laisse tes beaux gilets blancs à la maison jusqu'à ce que tu atteignes le niveau 2 des baguettes...
Arrivés à destination, je me déplie et on entre dans le resto pour manger des nouilles. La serveuse nous apporte deux bols et on attaque le repas avec nos baguettes. Si vous pouvez vous imaginer, nouilles mouillés + baguettes + distance jusqu'à ma bouche... ça éclabousse partout! Lechung est pratiquement couché dans son plat où il aspire gaiement le tout en faisant des bruits d'aspirateur Hoover. Les gens qui me connaissent savent que je mange même ma pizza avec des ustensiles alors je cherche la manière ''propre'' de ne pas me faire trop rapidement une barbe de jus... Sans succès... Lorsque le repas est terminé et que nous avons éliminé notre succulent plat, les dégats sont considérables. J'en ai probablement dans les cheveux, mais mon ami est trop poli pour me le dire alors nous nous débarbouillons rapidement avant de continuer notre après-midi de magasinage. Mémo personnel: Laisse tes beaux gilets blancs à la maison jusqu'à ce que tu atteignes le niveau 2 des baguettes...
Subscribe to:
Posts (Atom)