Tuesday, April 12, 2011

''Don't be shy, just try''

En Chine tout le monde peut chanter. Et observez bien la nuance, je n'ai pas dit que tout le monde SAIT chanter!

Vendredi dernier, tous les étudiants du département d'anglais ont organisé un spectacle célébrant la ''19th year of the People's Republic of China''... tiens donc, toutes les excuses sont bonnes! Nous avons donc invité tous les étrangers de la ville à venir encourager nos jeunes et après un bon repas au resto, nous sommes débarqués au ''English Corner'' prêt à faire la fête. (Fête chinoise.. donc chaise musicale et compagnie. J'avais quand même avertis mes nouveaux amis qu'il n'y aurait pas de Keg Stand pour ne pas qu'ils apportent leur ''six-pack'' à la fête-PG...) Heureusement pour nous, cette fois-ci les étudiants s'étaient préparés entre-eux et personne ne nous a demandé d'animer la soirée 10 minutes avant l'évènement. Parce que les 4 étrangers qui ont répondu à notre courriel sont des beaux bonhommes entre 19 et 36 ans, je peux vous dire que l'excitation était à son comble chez les étudiantes. Ça bourdonnait comme une véritable ruche près de notre groupe. ''Oh look at his skin'', ''He is so handsome'', ''Is he Andy's boyfriend?'', ''You ask for a picture'', ''No YOU!'', ''No, YOU do it!'' et ainsi de suite.

Après plusieurs minutes ''d'observation d'étranger'' la fête a finalement commencé... et tout était en chinois! Shannon me regarde alors d'un air ahuri tout en me demandant ''Why exactly is this an English Department party?''. Alors que je me demande exactement la même chose, elle va se renseigner et l'étudiante lui réponds ''Oui, mais nous faisons un jeu questionnaire sur la Chine alors les questions sont en mandarin!''. Oh quelle logique, j'espère qu'ils ne l'appliquent pas aussi à leur étude à la maison. ''Nous sommes en Chine, alors je vais étudier mon anglais en chinois....'' Voyant clairement que les deux enseignantes n'approuvent pas leur choix de jeu, l'animatrice invite deux étudiants à venir chanter (EN MANDARIN) une belle chanson du genre ''J'aime la Chiiiiiiiiine, J'aime la Chiiiiiine et aussi son Chaiiiiiiiirman!'' (à chanter sur l'air d'''Il est venu le temps des Cathédrales''...). Mais ce n'est pas tout! Après cette performance qui me laisse des larmes aux yeux (Quoi? La musique était assez forte pour décaper ma teinture capilaire!) c'est le moment du micro-ouvert et n'importe qui peut se précipiter sur scène pour massacrer une chanson du répertoire anglophone.

Alors que je me dis ''Ah, ah on va bien rigoler'', j'entends l'animatrice commencer à répéter, de plus en plus fort, andy, Andy, ANdy, ANDy, ANDYYYYYYYYYYYYYYYYYY. Et les 250 personnes qui regardent le spectacle s'y mettent aussi. Meeeeeeeeeeeeeerde. Je décide que ''Non, ce n'est pas vrai que je vais aller improviser. S'ils voulaient que je chante, il fallait m'avertir avant. Je n'y vais pas''. Mais refuser comme ça à 5 de ses amis c'est beaucoup plus facile que de faire taire une foule d'étudiants qui ont décidé que CE soir c'était LE soir, où j'allais démontrer mes talents. ''Sérieusement les gars, si je refuse toujours de chanter en classe, ce n'est pas parce que vous n'êtes pas digne d'entendre ma voix de rossignol! Je chante comme une corne de brume alors c'est plutôt pour vous épargner!''. Mais non, ça ne fonctionnera pas. Shannon me sauve la vie en me disant: ''Whatever dude, just sing Happy Birthday!''. ET... VOILÀ! Je monte sur scène à la vitesse de l'éclair (mais en faisant tout de même attention de ne pas m'allonger de tout mon long. Une fois c'est suffisant!), empoigne le micro et demande à la foule en délire ''si c'est pas la fête à ''quec-un'' par hasard?''. Un des étrangers, Glyn, prends pitié de moi et je commence sa sérénade. Alors que je tiens la dernière note, levant les bras en l'air pour faire comme les chinois, la foule est en délire. Je quitte la scène et scanne la foule pour savoir ce que mes étudiants en ont pensé. ''Well Andy, why did you sing that song? It doesn't really count!''. Oh et puis en plus, ils ne sont pas satisfaits??

Je vois du coin de l'oeil le gars qui a chanté l'hymne national du Canada avec moi au English Corner, monter sur la scène. Comme de fait, il nous dédie ''notre'' chanson patriotique et commence à la massacrer. Je dois intervenir. Remontant sur scène, je m'empare d'un micro et sauve, d'une voix assurée, l'honneur des expatriés canadiens. Y'a toujours ben des limites à la provocation! C'était probablement une astuce depuis le début pour me faire chanter! Sous les applaudissements de Shannon et Brett, je retourne dans la foule et me plante devant mon ami Charl qui me dit: ''Wow, you have some balls!''. Mais avais-je vraiment le choix??

Ne vous inquiétez-pas l'humiliation publique n'est pas terminée! J'ai été approché cette semaine par un responsable de la télévision provinciale et ils veulent me payer une somme faramineuse pour être ''mannequin'' pendant un weekend à un salon de l'auto dans une ville avoisinante. Mes dépenses seront complètement prises en charge par la compagnie et j'aurai une voiture à ma disposition pour visiter la ville. En plus, je peux amener une de mes étudiantes qui mérite vraiment une fin de semaine de glamour!
- Chances de tomber en pleine face sur le runway? 70%
- Chances que ma coiffure et mon visage ne se remettent jamais de l'intervention des esthéticiennes chinoises? 80%
- Chances que j'ai l'air de deux mannequins chinoises inserrés dans la même robe? 90%
- Chances que je sente comme un char neuf pendant une semaine après l'évènement? 100%
 ... bien évidemment, j'ai accepté!

ps. Ce billet est mon 100e depuis la lancée de ''Mon année en Chine'' à la fin du mois d'Août 2010. Un gros merci à tous mes lecteurs, vous êtes ma motivation pour continuer à écrire chaque jour. J'ai peine à croire que le récit de mes histoires folles a été visité à presque 5000 reprises par les internautes! Xie, xie!  

Sunday, April 10, 2011

Un éléphant, ça trompe... - Guilin 3

Lors de mon dernier matin à Gulin, parce que je partage ma chambre avec trois inconnus, je décide d'attendre qu'ils quittent tous la chambre avant de sortir de mon lit et de me préparer pour la journée. De toute façon, mon train n'est qu'à 19h alors j'ai amplement le temps de me prélasser au lit. Il faut bien profiter des vacances un peu quand même! Je termine de tout remballer vers 10h et je quitte sans regrets le petit dortoir.

Mauvaise nouvelle, il peut de nouveau et cette pluie-là ne semble pas vouloir passer. J'attrape un déjeuner rapide et me prends un taxi pour visiter la Reed Flute Cave à l'extérieur de la ville. Et pour être à l'extérieur, ça l'est! 40 Yuan plus tard, le chauffeur ravi me dépose au pied de la montagne et va collecter sa prime de livraison de touriste au guichet de billets. Je n'ai pas trop compris ce qu'il obtient, mais chaque fois que j'ai visité un endroit touristique, le chauffeur m'accompagnait à la billeterie pour remplir un formulaire quelconque. Bref, je remonte la fermeture éclaire de mon imperméable trop mince et grippe rapidement les quelques marches qui m'amènent à l'intérieur de la caverne. Ma première réaction lorsque je mets les pieds à l'intérieur est de me dire que: ''Wow, ils ont fait tout une job de plâtre! On dirait presque une vraie caverne!''. En effet, la roche est polie de manière étrange ce qui fait qu'elle a plutôt l'air fait de plastique et je dois la toucher pour accepter que c'est vraiment de la roche. Je suis pratiquement la seule touriste sans guide, mais l'éclairage des années '80 multicolores qui rends mon entourage étrangement ''disco'' me permet de me promener à ma guise. Voulant toujours respecter la distance avec les groupes de touristes ayant payé pour une visite, je m'installe à distance égale entre deux groupes, mais découvre rapidement que chaque fois que j'arrive pour regarder une partie de la caverne, au moment où je mets les pieds dans la pièce, les lumières se ferment! Je continue comme ça à courir après la lumière lorsque je percute finalement que c'est le guide qui les active! Et bien quelle belle bande de ''cros****''! Il faut impérativement s'engager un guide si on veut pouvoir voir la caverne? Sinon, il faut y aller à tâtons comme les chauves-souris? Et bien trève de politesse, je me colle sans scrupules telle la sangsue canadienne au premier guide que je croise et lui respire dans le cou pendant toute la visite. À un certain moment, la grotte se transforme en un petit lac intérieur qui reflète exactement tous les rochers éclairés par les néons. C'est vraiment magnifique. Je prends quelques photos, en ne perdant toujours pas de vue MON guide et suit un groupe d'américains jusqu'à la sortie. La caverne vaut vraiment le détour, mais cet éclairage qui se ferme au rythme des visiteurs force tout le monde à se dépêcher, ne nous laissant pas vraiment profiter de notre 70 Yuan de frais d'entrée. Personnellement, j'ai rebroussée chemin à quelques reprises, question de bien pouvoir trouver dans la roche les ''champignons'', ''face de moine'', ''chevaux'' et autres sculptures naturelles remarqués par un gars sur un trip d'opium.


Lorsque je sors de la caverne, il pleut de plus belle, mais ne voulait pas nécessairement dépenser un autre 40 Yuan de taxi, je décide de prendre l'autobus. J'attends à l'arrêt avec six travailleurs chinois qui se disent que je dois sûrement m'être perdue. L'odeur de ces hommes ne prenant une douche que lorsqu'il pleut est carrément insuportable. Ce n'est pas des fourchettes et des couteaux qu'il faut exporter en Chine, c'est du DÉO! Merde si c'est ce que ça prends, je vais l'appliquer personnellement sur tous ces récidivistes de l'odeur corporelle. Sortez vos ''Tsous de bras!''. Les usagers ayant été trop lâches pour fermer les fenêtres pendant la tempête, la moitié des bancs de l'autobus sont couverts d'eau et donc inutilisables. Je m'installe dans l'allée et tente de me reconnaître mon arrêt, car je souhaite ensuite visiter l'Elephant Trunk Hill, une grosse coline en forme d'éléphant qui boit dans la rivière. Au pifomètre, je décide que je suis arrivée et me jete dans la rue, sortant ma carte pour trouver mon chemin. Après une vingtaine de minutes de marche dans les petits rues de Guilin, je ne suis plus certaine que les dix dernières personnes à qui j'ai demandé des directions m'ont envoyé sur le bon chemin. Au diable l'égo, je prends un taxi qui conduit sérieusement 50 mètres et me dépose à l'entrée du parc! GROS connard! Il n'aurait pas fallu qu'il me dise que je pouvais jeter une roche de l'endroit où il m'a attrapé et probablement frapper le gars de la billeterie au beau milieu du front?! Je paie sa course en rigolant parce que c'est vrai que c'est quand même cocasse!
Elephant Trunk Hill Park est une petite réserve naturelle où les visiteurs peuvent escalader la montagne de l'éléphant et se faire prendre en photo devant le rocher célèbre de Guilin. Après une courte randonnée en forêt, j'arrive au sommet et trouve un groupe d'étudiants qui m'aident à prendre quelques photos. Je suis chanceuse, car pour ma visite, la pluie s'est finalement arrêtée. Après l'exploration du parc, je me dirige sur la berge et prends la photo touristique obligatoire. À ce point, je dois malheureusement demander à quelques chinois de m'aider et ça me fait toujours rire car lorsque j'approche la femme du couple, elle tend tout de suite la caméra à son mari... de peur qu'elle lui explose entre les mains?... parce qu'elle ne sait pas l'utiliser?... parce que c'est une job d'homme? Ahhh c'est exaspérant! Je m'amuse à regarder quelques touristes prendre les poses les plus saugrenues, mais est un peu déçu ne pas en voir mimer un éléphant.

Je termine ma journée au Pizza Hut où je commande mon souper. Même au Canada, je ne suis pas trop fan de ce restaurant, mais en Chine, les pizzas sont encore plus étranges. Pizza végétarienne? Avec du maïs et de l'ananas... Pizza au poulet pop-corn? Pizza au fruit de mer? Avec de la pieuvre...  Pizza au thon? Et même si on veut prendre une pizza à la viande, il faut s'attendre à ce que ce soit quand même douteux. J'en mange deux, trois bouchées alors qu'un mal de ventre solide s'installe.

Prête à retourner à Shangqiu, je me dirige à la gare de train en avance et subit pendant les prochaines deux heures, la routine de bête de cirque que j'ai raconté plus tôt. C'est étrange, mais depuis que j'ai réservé mon billet de retour au Canada, ma tolérance envers les chinoiseries est beaucoup moins élevée. Comme me l'a si bien expliquée Naïk, au début tout est excitant et nouveau, ensuite on s'y fait car on n'a pas trop le choix, mais quand il ne reste que quelques semaines et qu'on presque goûter la poutine du bout des lèvres, les ''originaux'' chinois qui nous emmerdent, on aurait bien envie qu'ils restent chez eux!

Je devrai prendre mon mal en patience (et peut-être des clamants à cheval...) car il me reste 7 semaines et dans tout ça, je veux visiter Xi'an, Luoyang, Kaifeng, HuangShan et encore Pékin... Gros programme. Prochain weekend? Luoyang et son temple de Kung-Fu Shaolin! Voyons voir si des moines ça peut vraiment faire la ''split''!

Saturday, April 9, 2011

Guilin, PQ - Guilin 2

Avant de commencer à vous raconter ma croisière sur la rivière Li, je veux prendre un instant pour remercier ma compagne de voyage. ''Isabelle, si tu fais la lecture de mon blogue, un très très grand merci pour une des journées les plus mémorables de mon voyage en Chine! No Crosse-day!''

Depuis le départ, le but de ma visite à Guilin était de faire la fameuse croisière sur la rivière Li et voir les parois rocheuses qui encadrent le cours d'eau. Elles sont réputées à travers la Chine comme l'endroit offrant le meilleur panorama de tout le pays et une peinture de la rivière est même présentée à l'endos du 20 Yuan. Question de m'épargner un mal de tête, j'ai organisé ma journée par l'auberge de jeunesse, donc à 8h du matin, je me suis retrouvée dans un autobus plein de touristes fébriles. C'est à croire que Bouddha m'a entendu parce que ce matin là, malgré un risque de pluie, le ciel était presque clair (ou aussi dégagé qu'il le devient à Guilin) et il n'y avait plus de brouillard! Dès notre entrée dans l'autobus, notre guide nous a donné un petit autocollant d'un panda nous identifiant comme faisant parti de son groupe. En raison de la journée fériée en Chine, le quai était bourré de visiteurs ayant tous payé un prix différent pour faire la même croisière. ''Tu parles chinois? 50 Yuan de moins... Tu parles chinois ET tu as un beau sourire? 70 Yuan de moins... Tu ES chinois? 200 Yuan de moins...''. Généralement dans ce genre d'activité, il est mieux de ne pas demander le prix que les gens autour ont payé si on veut conserver sa bonne humeur!
Nous sommes donc entrés dans le bateau où on nous a demandé de prendre place à une table en attendant de quitter le port.  Je me suis retrouvée assise avec 5 Espagnols travaillant à Hong Kong et après quelques minutes de discussions, en partageant leur déjeuner de biscuits Oreos, j'ai découvert qu'un des enseignants, David, parlait en fait un excellent français! La journée commençait bien. Il avait même passé un séjour dans la ville de Québec alors il s'amusait beaucoup à entendre de nouveau ses expressions favorites. Même si j'appréciais énormément notre conversation, je n'étais pas très enchantée de devoir rester à l'intérieur du bateau alors que nous commencions notre croisière. Tout en gardant un oeil sur les montagnes de l'autre côté de la vitre, j'ai décidé de commencer à harceler notre guide pour savoir ''quand est-ce qu'on pourrait aller dehors, parce les gens du bateau en avant EUX sont déjà là... et pourquoi NOUS on a pas encore le droit? C'est pas juste!''. Et la guide de me répondre la phrase typique chinoise: ''Wait a moment please...''. En fait, ils voulaient nous garder dans la cabine pour tenter de nous vendre un paquet de cossins inutiles alors feignant l'envie soudaine, je me suis enfuie à toutes jambes sur le pont.


Wow. C'est vraiment le seul mot qui m'est sorti de la bouche pendant une bonne partie du trajet. Si ce n'était que les montagnes, ce serait déjà impressionnant, mais les courbes inattendues du cours d'eau, la végétation extra-luxuriante (Élémentaire mon cher Watson... avec cette humidité il faudrait que les plantes se forcent pour être fannés), les petits radeaux de pêcheurs et l'absence presque totale de civilisation le long de la rivière donnent l'impression au voyageur de se retrouver balancé dans une peinture de restaurant chinois. Non, non pas celle avec les poissons rouges... l'autre avec les montagnes à gauche du buffet. En observant les vendeurs sur leurs radeaux, j'ai commencé à me demander QUI exactement fait ce type de travail. C'est entendu, ils apportent un certain charme à l'expérience, mais un d'entre-eux plus particulièrement amenait aussi du ''style''! Sérieusement, le vendeur d'orange portait un complet-cravate pour se promener sur son radeau de bamboo!

J'ai continué à prendre des photos de chacune des collines, de peur de manquer LA photo parfaite de la rivière mais tout à coup une voix m'a fait arrêter en plein milieu de ma 1000e pose de moi + une montagne. En fait c'était plutôt un accent... mais n'importe lequel. MON accent! Je me suis tout de suite jetée sur la pauvre fille tout en lui criant par la tête: ''Tu viens du Québec?!??!?!''. Et bien oui, j'ai finalement trouvé un québécoise en Chine! Isabelle est une enseignante de Montréal qui a décidé de faire un long voyage en Asie pendant son semestre différée et la chance nous a permis de nous retrouver sur le même bateau en ce dimanche à Guilin. Quelle joie. ''Merci Bouddha, je n'en demandais vraiment pas tant! ... Attends une minute, du beau temps ET une amie? Combien est-ce que ça va me coûter tout ça? Je vais me réincarner en hamster, c'est ça?''. Après une semaine en Chine, Isabelle semblait bien contente de pouvoir partager son expérience et recevoir quelques conseils d'une vétérante alors que moi, de mon côté, je me trouvais enfin une partenaire pour pouvoir ''ventiller'' tranquillement contre les chinois... Et se défouler nous l'avons fait pendant les 4 heures de la croisière sous l'oeil amusé de David, qui n'en revenait pas d'entendre du québécois ''full speed'' en Chine. Ma pauvre amie ayant souffert les différentes arnaques de Pékin en avait gros sur le coeur. C'est qu'ils ont un petit truc là-bas pour ''accueillir'' les étrangers généreux. Ils les amènent dans un salon de thé où ils commandent pratiquement tout ce qui se trouve sur le menu pour ensuite leur présenter une facture très TRÈS salée... Croyez-moi que du thé cueilli par un paysan manchot, lors d'une pleine lune, à même le jardin personnel de l'empereur et séché sur la grande muraille, ça peut coûter cher! Et ensuite, il y a les faux étudiants qui te traînent à leur ''exposition'' et te menacent pratiquement à coups de baguettes jusqu'à ce que tu achètes une de leurs ''oeuvres''. Bref, elle les avait toutes essayées et même plus alors nous avons rigolé pendant des heures en nous échangeant nos histoires de guerre. Bien rapidement nous étions complètement gelées, car même s'il ne pleuvait pas, il faisait très froid et nous ne voulions pas laisser notre place près de du garde-fou où nous pouvions prendre les meilleures photos. (Bouddha: ''Regarde Andréanne, je ne peux pas tout faire non plus! Arrête de chialer et amène des gants la prochaine fois!)

Après le dîner, au moment même où le bateau arrivait finalement à l'endroit exact du billet de 20 Yuan, une petite pluie s'est mise à tomber, enveloppant rapidement les montagnes sous une brume épaisse. Merde, vite sors le kodak et le billet, il me faut la photo! Mais comme si c'était arrangé avec le gars des vues, les précipitations nous ont seulement frappés lors de la partie la moins intéressante de la rivière et nous avons battu en retraite dans la cale où les passagers moins stimulés par le paysage faisaient la sieste. Quelques minutes plus tard, le bateau est finalement arrivé au port de Yangshua où nous pouvions faire un peu de magasinage avant la deuxième partie de notre périple dans la campagne chinoise.   

La première chose que nous avons vu en sortant du bateau est un faux pêcheur (ou peut-être un vrai, c'est difficile à dire dans ces endroits touristiques...) nous offrant de prendre une photo avec ses cormorans pour 5 Yuan. Allons-y donc, Isabelle empoigne la branche où reposent les oiseaux au même moment où l'homme lui plante son chapeau sur la tête. Ce n'est que bien longtemps après que nous avons réalisé que ''Yark... c'est le même chapeau qu'il met sur la tête à tout le monde!''. À la guerre comme à la guerre, je prends aussi la pose, me pliant en deux pour être à la même hauteur que le petit monsieur. Par la suite, le but était de parcourir les étales de marchands à la vitesse de la lumière, car nous devions rejoindre le groupe 50 minutes plus tard pour la deuxième partie de notre visite. Malheureusement, de tous les endroits que j'ai visités en Chine, Yangshua offrait de loin le meilleur shopping chinois et c'est à contre-coeur que nous avons fait notre négociation en vitesse pour attraper quelques souvenirs. Malgré tout, la pêche était bonne et c'est avec quelque sacs que nous avons rejoint les autres devant le KFC.

Pour un petit supplément, nous pouvions participer à une excursion dans la campagne de Guilin et embarquer sur un radeau en bamboo pour voir une rivière qui n'est pas perturbée par les gros bateaux de croisière. Quelques minutes après voir quitté Yangshua, les guides nous ont déposés dans une mini-ville où de ''vrais'' paysans chinois étaient prêts à nous guider sur le cours d'eau. Sans plus attendre, Isabelle et moi avons assailli un des radeaux, nous installons sur l'embarcation qui prennait déjà l'eau, sous l'oeil amusé de notre rameur. Avec le gilet de sauvetage jusqu'aux yeux et notre parasol de ''snack-bar'' nous protégeant de la petite pluie, nous étions prêtes pour l'exploration.

Quelques secondes après avoir quitté le berge, nous sommes arrivés à la hauteur d'un radeau supportant 4 personnes! En fait, c'était un couple de jeunes mariés qui prenaient leur photos officielles sur la rivière. Ce n'est pas que le paysage n'était pas beau, mais maudit qu'il faisait froid! Au moment où nous les avons croisés, la mariée était allongée de tout son long sur le bout du radeau dans sa petite robe sans manches, la traîne... et bien traînant justement dans la rivière. Je ne peux imaginer ce qui lui passait par la tête à ce moment-là, mais ce n'était sûrement pas: ''Ah comme c'est agréable!''. Faisant une Chinoise de moi-même, j'ai aussi pris quelques photos de ce jeune couple courageux alors que notre guide tentait de nous faire avancer le plus rapidement possible pour être à l'extérieur de leur photo. Avant le départ, notre guide nous avait avertis qu'il y aurait ''a small waterfall'' et qu'à ce moment nous devrions lever nos jambes pour ne pas être trempés jusqu'aux genoux. Sympathique. Au moment où nous avons justement frappé cette partie de la rivière, deux photographes étaient sur la berge en face pour nous poser alors que nous glissions dans les rapides. Cependant, notre radeau, qui devait normalement passer rapidement par dessus les rochers est en fait resté pris et nous avons gradé la pose pendant une bonne minute, riant aux éclats alors que notre guide s'acharnait contre son radeau. Par la suite, il nous a déposés au studio de photographie flottant pour que nous achetions notre photo. Non merci. Mais à cet endroit de la rivière, je dois dire que le panorama était particulièrement époustouflant, car les montagnes se reflétaient parfaitement sur l'eau. Une touriste chinoise dans un ensemble assorti de robe et béret en poil rose en a tout de suite profité pour se coucher dans l'herbe et prendre la pose pour son copain. C'est toujours étonnant de voir avec quelle aise, ils posent pour leurs photos. Personnellement, je fais toujours la même face et l'idée de me dandiner dans tous les sens pour l'objectif ne fait que me faire figer encore plus. C'est à croire que c'est ce qu'ils apprennent à l'école... tout se suite après le cours de ''Comment rendre un étranger mal à l'aise 101''. 

En attendant les autres membres de notre groupe, nous avons pris quelques photos, mais à un certain moment, je me suis tournée vers Isabelle inquiète: ''Euh Isa, est-ce que ces gens étaient dans notre groupe avant?'', ''Je crois pas en fait''. Mon amie se met alors à rire aux éclats alors que je me dis que ''ça y est, on est foutu, ils nous ont abandonnés''. Et bien non, la guide accompagnant ce groupe nous a confirmé qu'elle était aussi dans le ''Panda Group'' et que nous pourrions les rejoindre plus tard. Ouf, ce n'est pas que le petit village n'était pas charmant, mais je n'aurais pas nécessairement voulu me coller contre un Yak pour passer la nuit dans l'étable. C'était bien beau tout ça, mais il fallait ensuite remonter le courant pour continuer la visite! Notre rameur nous a donc ramené aux chutes d'eau où en équipe de deux, ils se sont mis à remonter les installons à la main alors que nous les regardions bouche-bée perchées sur une roche. Oh hiiiiiissse... Oh hiiiissse, mon père serait bien mort de rire à regarder cette technique broche à foin exécutée par des hommes de 70 ans.

En arrivant près du point de départ, nous avons surpris un autre ''photo-shoot'' sur radeau où les deux mariés étaient assis les fesses dans l'eau et se cachaient coquettement sous le voile de la mariée... Sans commentaires. Notre prochaine destination était une butte d'herbe au beau milieu de la rivière où nous pouvions nourrir des ''water-buffalo'' et prendre la pose avec eux. Isabelle trouvant que les animaux du fond étaient laissés pour contre, m'a tout de suite guidé vers la bête ayant l'air la plus ''sympathique'' pour l'inclure dans notre photo. Le petit paysan ravi m'a tout de suite donné la ''laisse'' de l'animal me donnant le contrôle de la vache surdimensionnée. ''Mouhaha now you are MINE!''. Il n'y avait quand même aucun risque que je lui vole la bibite, parce que franchement qu'est-ce que j'aurais bien pu faire avec un Yak! Mais le Yak, lui, semblait bien m'aimer, tentant de s'approcher de moi alors que je reculais dangereusement vers l'eau. ''Viiiiite monsieur, il est à vous, reprenez-le!''. Isabelle qui avait ''spotté'' des bébés a décidé de s'en approcher, mais a vite changé d'idée quand ils se sont mis à marcher vers nous. C'est que même bébé, ils font dix fois notre taille et les paysans ne leur ont pas encore mis de laisse. Par la suite, nous en avons nourri un et au moment où mon amie tendait la branche à l'animal, un gros colon de vieux touriste à tenté de hisser sa petit copine chinoise adolescente sur le dos du Yak! Mauvaise idée mon gars, mauvaise idée! Et la copine de répondre: ''Groooooosss look what it did to my white pants!''.  


Après cet incroyable rencontre avec la faune chinoise, les rameurs nous ont conduits au pont où nous pouvions observer un pêcheur avec ses cormorans en action. Pour ceux qui ne savent pas comment ça fonctionne, les oiseaux sont équipés d'un collet en métal qui les empêche d'avaler leur poisson alors lorsqu'ils reviennent au radeau du pêcheur, il leur fait régurgiter ce qu'ils ont attrapés dans un panier. À la fin de la journée, l'oiseau est récompensé et ils sont vraiment traités comme des animaux de compagnie par les pêcheurs. C'était quand même drôle de voir l'oiseau flotter sur l'eau avec la gorge en forme de poisson.


Notre visite du petit village était finalement terminée et nous sommes montés dans l'autobus nous ramenant en ville. Sur le chemin du retour, alors que tout le monde faisait la sieste, j'en ai profité pour discuter avec Isabelle de notre beau métier et des nombreuses embûches que nous devons vaincre pour éduquer les adolescents. Ahhh j'adore mon métier, mais je dois dire qu'après un an avec des étudiants polis et dociles, je n'ai pas trop envie de redevenir enseignante au Québec... Il y a franchement quelque chose qui cloche avec le comportement actuel de notre jeunesse à l'école et il est bien temps que les choses changent. Bien rapidement, il n'y aura plus d'enseignants dans les classes, car ils seront tous en ''Burn-out'' où auront trouvé une profession où ils sont véritablement appréciés à leur juste valeur. Pensez-y bien la prochaine fois où vous irez à une rencontre de parents à l'école de vos jeunes. 

De retour en ville, nous avons décidé de continuer notre belle journée et de satisfaire notre frustration de manque de magasinage à Yangshua au marché nocturne de Guilin. Après un arrêt cocasse au McDonald, où notre cabaret présentait une annonce pour les McCroquettes avec une photo de poussins et un gros 100% d'écrit au milieu des animaux, nous avons continué notre ''no-crosse day''. C'est qu'Isabelle qui en avait assez de se faire toujours prendre dans des arnaques chinoises (d'où la ''crosse'') avait bien envie de passer une journée complète sans se faire soutirer de l'argent de manière injustifié. Malheureusement pour nous, le marché de Guilin n'était qu'une pâle réplique de ce qui se trouvait dans le petit village et nous n'avons pas pu retrouver les items que nous voulions tant acheter à l'autre endroit. De bébelles en plastiques, à bébelles en plastiques médicinales, les gens achètent vraiment n'importe quoi! Un gros bouddha ''glow-in-the-dark''? Check! Un cendrier de femme tout nu? Check! Une réplique en plasticine de Michael Jackson? Check! Qu'à cela ne tienne, j'ai quand même dépensé le plus d'argent jusqu'à présent sur toute sorte de cadeaux pour ma famille et mes amis parce que je réalise maintenant que la fin approche et que je dois commencer à récolter mes souvenirs. Les marchants de Guilin, habitués aux touristes ne voulaient aucunement marchander et c'est à force de grandes négociations que nous avons pu quand même payer un bon prix pour nos ''cossins'' chinois. 

Quelques heures plus tard, les bras pleins de sacs, j'ai quitté Isabelle en lui souhaitant une bonne fin de voyage et beaucoup d'autres journées sans arnaque. Alors que ma copine s'éloignait dans son taxi, j'ai tout de suite ressenti un peu de tristesse, voyant finalement à quel point on peut s'amuser lorsqu'on trouve une bonne compagne de voyage. La Chine c'est incroyable, mais c'est aussi tellement fatigant. Lorsqu'on peut partager le lourd fardeau à deux, ça semble tellement plus facile. Mais cette journée m'aura quand même permis de rire des situations épuisantes et de trouver un peu d'humour dans cette étrange créature, qu'est le peuple chinois. Alors, j'étais de nouveau de retour à la case départ, ''me, myself and my glow-in-the-dark buddha!''. 

Friday, April 8, 2011

Un petit peu d'humidité - Guilin 1

Après avoir passé la dernière heure de mon voyage jusqu'à Guilin le visage collé contre la fenêtre à regarder les montagnes, je réalise soudainement que nous sommes arrivés et je me lance comme une torpille dans l'allée pour sortir du saperlipopette de train puant... La minute que j'ai le pied à l'extérieur du compartiment, je sens mes cheveux pousser un cri de joie et commencer à friser et à se tortiller dans un nid d'abeille infernal sur ma tête que je passerai le voyage à combattre. Guilin, c'est humide en maudit! Surtout que lors de mon arrivée, une petite pluie venait de cesser alors tout était encore bien mouillé et il était impossible de voir quoi que ce soit même à quelques mètres de mon nez, sous la couverture de brume qui entourait tous les bâtiments... Bon, pour la vue des montagnes on devra repasser, je ne peux même pas trouver le McDo de l'autre côté de la rue!

J'empoigne mon sac et marche avec détermination vers mon auberge de jeunesse. Je le dis et je me répète, je ne suis pas trop fan de ce type d'établissement qui semble tout être décoré de la même manière avec sa pseudo-allure internationale et des photos de jeunes morveux sales (quand on voyage en ''backpack'' on ne se lave visiblement pas souvent... ou se coupe les cheveux... ou se rase...) qui font la fête... c'est que je suis rendue une vieille chippie! Ma foi, bientôt je vais aussi me lever à 5h du matin pour enquiquiner les gens dans le train! J'y trouve une chambre bien sympathique que je partage avec trois autres ''amis'' et je décide de manger un sandwich avant d'attaquer deux destinations touristiques de la ville. Ce qui est aussi drôle dans une auberge de jeunesse c'est qu'ils tentent d'offrir un menu plus ''international'', mais ça tourne toujours à la chinoise quand même... je reçois donc mon sandwich au bacon (du bacon, du pain - ça ne devrait pas causer un trop gros mal de tête au chef!) et découvre en séparant les tranches qu'il y a un oeuf au complet dedans et même du concombre! Le chef avait probablement mal interprété la photo qu'il a trouvée sur google pour illustrer son menu (pour référence future chers amis: le blanc entre les deux tranches, c'était de la mayo, pas de l'oeuf et le vert, de la laitue!). Mais comme je l'ai déjà dit, après 7 mois en Chine, en autant que ce n'est pas un chiot qui est couché dans mon assiette, les chances sont que je vais manger quand même...

Quand même fatigué du long voyage en train, je me force à sortir et monte dans un taxi pour rejoindre le ''Solitary Beauty Peak'' où j'espère arriver à finalement jeter un coup d'oeil au panorama. Je discute pendant quelques minutes avec le chauffeur et constate agréablement que mon mandarin s'est sournoisement amélioré malgré la paresse dont j'ai fait preuve dans mon étude. Il parle rapidement, mais j'arrive toujours à suivre la conversation et à répondre. J'imagine que toutes ses heures passées à ignorer les chauffeurs de Shangqiu m'auront quand même forcé à apprendre les papotements de base! Bref, après une courte promenade nous arrivons au parc qui est au beau milieu du centre-ville!  Le ''Solitary Peak'' domine par sa hauteur l'horizon et les quelques bâtiments l'entourant grouillent de touristes. Personnellement, je trouve ça toujours un peu embêtant de me trouver derrière un guide parce que je veux suivre le parcours mais je ne veux pas qu'il pense que j'essaie d'écouter son information gratuitement.... remarque que j'ai autant de chances de me fondre dans un groupe de touristes chinois qu'un cochon-d'inde dans un rassemblement de hamsters... J'observe bien vite ce qu'il y a à voir, mais mon but est d'escalader la montagne alors sans plus attendre, je m'y lance.

Bonne nouvelle, cette fois-ci les marches n'auront pas raison de mon enthousiasme! Je clenche rapidement les trois petites madames en talon haut, laisse dans ma poussière une paire de messieurs fumeurs et me retrouve bien vite seule au sommet. Constatation: il y a encore beaucoup trop de brume alors je ne vois pas vraiment plus loin que le garde-fou. Je tourne mon attention vers la roche et observe plutôt, sans grand enthousiasme, le bâtiment qui y a été construit. On passe à un autre appel? Ok. Ce sera le 70 Yuan le plus rapidement dépensé de tout mon voyage en Chine. Je redescends la montagne en tentant de ne pas glisser sur les marches mouillées et me dirige plutôt vers ''Seven Star Park'', un grand espace vert de la ville reconnu pour sa ''Camel Hump Hill'' en forme, vous l'aurez deviné, de dromadaire.

En arrivant au parc, une agréable surprise m'attend lorsque j'arrive face à face avec 200 petits Chinois, tous habillés dans leur uniforme scolaire, prêt pour leur journée d'activité. Bien rapidement, un petit courageux me lance un ''Hreelloo'' qui est répété, force 10, par tous les autres étudiants. Je vous jure qu'à 3h30, tous les oiseaux de la montagne se sont envolés en panique suite à cette démonstration titanesque d'anglais de base 1. Si seulement il n'y avait eu qu'un seul groupe, j'aurais pris la peine de discuter un peu avec eux, mais ces enfants, dans leur enthousiasme sans fin sont carrément terrifiants. Ils avancent vers moi en répétant ''Hrello'', ''Hrello'' et je n'ai d'autres choix que de battre en retraite! Où sont les adultes quand on en a besoin! Je m'enfuis rapidement plus profondément dans le parc et découvre une incroyable chute d'eau qui coule le long de la paroi rocheuse. Pour 5 Yuan, il est possible de se faire prendre en photo dans une petite balançoire décorée avec des fleurs en plastique où deux véritables paons prennent sagement la pose. Me souvenant de ma visite à la réserve aviaire de Kuala Lumpur, je décide de ne pas trop m'approcher de ces oiseaux qui peuvent rapidement décider de vous picosser à mort ou se construire un nid de fortune sur votre tête (justement mes cheveux souffrant de l'humidité seraient probablement beaucoup trop invitants pour eux!). Ça ne m'empêche tout de même pas de regarder les Chinoises prendre la pose en espérant être témoin du moment où la nature prendra sa revanche contre l'exploitation animale chinoise. Pas de chance, les oiseaux sont probablement drogués et n'émettent que des petits ''quack'' une fois de temps en temps.

Après quelques minutes de marche, je trouve un sentier qui sillonne la montagne et décide de l'explorer. Je monte et monte pendant plusieurs minutes, sans jamais arriver au sommet. À un certain point, je me retrouve entre deux petits sentiers de fortunes, mais n'ose m'y engager, me rappelant les pancartes affichées un peu partout dans le parc qui avertissent les touristes de la présence de singes agressifs. Est-ce que je veux vraiment risquer de me faire entourer par une gang de rue de primates dans un coin sombre de la forêt seulement armée de mon parapluie qui marche une fois sur deux? Pas aujourd'hui, merci! J'ai tout de même promis à mes parents de toujours être prudente alors j'imagine que cet engagement inclus aussi la clause ''singes''. En rebroussant chemin, je fais ma découverte animale la plus surprenante de la journée: deux homo sapiens caucasiens qui marchent en rond, cherchant aussi probablement le sommet. L'exploratrice prudente s'avance de quelques pas, question d'engager le dialogue...''Hey guys! So did you find the path to the top of the mountain?'', ''Oh hello there! Are you French?''. Ma parole, ce sont deux canadiens! De Toronto en plus! Je discute pendant quelques minutes avec le couple qui enseigne aussi en Chine et la femme me fait bien rire en me disant: ''Welcome to China''. Bon, ça aura pris 7 mois, mais quelqu'un me l'aura enfin dit! Je la remercie et enchaîne tout de suite avec mon histoire d'horreur populaire: Oui mais moi j'habite à.... (moment de pause dramatique)Shangqiu... (autre pause) HENAN!! Semblerait-il que la mention de ma province partout à travers la Chine fait passer des frissons dans le dos des voyageurs les plus déterminés. Mon récit a toujours un effet boeuf et instaure instantanément ma position au sommet de la hiérarchie des profs étrangers ''Hard-core''. Lorsque nous nous quittons, la femme me saute au cou pour me donner un calin qui me prend totalement par surprise. Ah j'oubliais que dans les pays ''normaux'' les gens ont parfois des contacts physiques!

Je termine ma visite du parc et retrouve mon auberge pour la soirée. Il n'est que 18h alors je décide d'aller me chercher un billet de cinéma pour le film (mouvement de doigt qui choisit au hasard)... de 19h40. J'aurai la surprise en entrant dans la salle. Je mange ensuite un Big Mac, mais quand je commence à cogner des clous au dessus de mes frites, je décide qu'il serait peut-être mieux de battre en retraite pour la soirée. Je m'achète tout de même une bière de ''bon travail jusqu'à présent'', mais j'arrive de peine et de misère à la terminer. Résultat: Je suis dans mon lit à 19h10. Lorsque je me couche, je me dis que je dois vraiment être fatigué parce que le lit me semble brûlant. Mais en quel matériel est donc fait le matelas? En m'endormant, je me dis que ce doit être du poil de Yak du Tibet parce que mes jambes sont brûlantes...

20h: je me réveille en sursaut, rouge comme une tomate, les membres en feu et découvre que dans ma fatigue extrême, j'ai branché la couverture électrique plutôt que la lampe. Bon travail Andréanne... maintenant, sois un peu plus alerte ou tu vas bien finir par te momifier toi-même! Juste avant de m'endormir de nouveau, je fais une petite prière: ''Bouddha s'il-vous-plaît, demain j'ai payé 400 Yuan pour une croisière. Est-ce qu'il serait possible d'envoyer la pluie à Shangqiu pour la journée?!''. Quoi? On peut bien joindre l'utile à l'agréable! Enquiquiner les gens de Shangqiu ET voir les montagnes de la rivière Li!    

Wednesday, April 6, 2011

Tout s'achète

Notre université est présentement en train de tenter de recruter un nouvel enseignant pour septembre prochain et lors de leur dîner de ''Grande séduction'' (c'est assez reculé ici pour être comparé au film sauf que c'est des Yuan qu'ils laissent traîner dans la rue et pleins de gens qui ont besoin d'apprendre l'anglais), Shannon en a appris une bien bonne.

Mr. Yu, mon patron, lui a avoué avoir soudoyé mon agent pour qu'il m'encourage fortement à choisir le boulot à Shangqiu!

Shannon: ''Wait a minute, what do you mean?''
Mr. Yu: ''Well when I saw Andy's resume, we really wanted her so I sent a ''gift'' to her agent...''

Il lui a donc envoyé quelques centaines de Yuan pour que soudainement je ne reçoive plus d'autres offres d'emploi. Je me souviens aussi qu'il m'a fortement encouragé à prendre Shangqiu avec la promesse de m'envoyer dans une plus grande ville l'année suivante. Ahhh les coquins! Heureusement, que je suis heureuse et non entourée d'un paquet de Yak dans une tente en poil en Mongolie parce que ma réaction aurait été différente! Comme quoi tout s'achète... surtout les profs étrangers!

En attendant le train

Bonjour, De retour d'un voyage de trois jours à Guilin, je ressens une grande fatigue qui ne peut être expliqué que par le voyage en train. Sérieusement, s'il était possible d'éviter les gares, les trains et les gens qui y circulent, j'aimerais encore plus la Chine, mais c'est malheureusement l'endroit qui me cause le plus d'envies meurtrières. Plutôt que d'encombrer mon récit de voyage d'anecdotes ferroviaires, je vous en donne un ''best of'' intitulé:

Conseils pour être désagréable dans un train

- Dans la rangée de bancs devant la mienne, une femme âgée mange avec appétit des graines de tournesol tout en jasant avec son mari. Tout à coup, elle s'arrête brusquement et son visage se renfrogne dans un air de ''qu'est-ce que j'ai encore de pogné dans les dents''. Le nettoyage par la langue ne fonctionnant visiblement pas, elle procède alors à sortir la moitié inférieure de son partiel pour mieux en ''décrotter'' les graines qui y sont pris. Je tente de voir s'il est marqué ''Made in China'' sur son dentier.

- Une jeune femme se fait poursuivre en riant par sa petite fille d'un an qui lui assène des coups de pieds dans les tibias... on saura qui blâmer lorsque la garderie appellera à la maison pour dire que Chong Ping a tapoché le petit Zheng Xi à grands coups de bottines. Où est Super Nanny quand on en a besoin!

- La femme derrière moi décide de nettoyer ses fruits au beau milieu de la gare en vidant la moitié d'une bouteille d'eau sur le sol, touchant aléatoirement sa pomme qui ne semble toujours pas plus propre.

- En Chine, il est possible de prendre le train D (rapide) ou le train K ou T (lent) et la différence entre les usagers est marquante. Dans la salle d'attente du train lent, il y a des centaines de gens empilés les uns contre les autres, des paquets de toutes formes et grosseurs et probablement quelques animaux. Les gens mangent des soupes, accroupis sur le sol et crachent directement sur les bancs leurs restants de collation. Dans la salle d'attente du train rapide, les gens sont habillés en habits ou en talons hauts, parlent calmement au téléphone ou roupillent sur les bancs vides. Pays communiste, je croyais que tout le monde était pareil!

- En passant la machine à rayon X du terminal de Guilin, je me retrouve pris de l'autre côté du scanner derrière un homme qui m'empêche de rejoindre mon sac. Je le pousse, frappe et insulte alors que je vois le contenu de mon sac d'épicerie glisser au bout du tapis et se vider à travers la gare. Je cours après mes pommes alors qu'une femme me regarde en riant... et elle continue à rire alors qu'elle me suit dans tout le corridor, en montant l'escalateur et jusqu'à ce j'arrive finalement à me sauver de cette ''maudite folle''. À croire que c'était vraiment hilarant! La semaine prochaine je m'inscris au ''Drôle de vidéo chinois''.

- Dans la salle d'attente de Guilin, je vois qu'un homme à l'objectif de sa caméra pointé directement sur moi et qu'il tente de prendre ma photo de loin. Je me tourne donc et mets mon capuchon ne me sentant pas tellement ''cover girl'' cette journée-là. Mais dès que j'ouvre les yeux de nouveau, il a changé de place pour mieux me prendre de l'autre côté. Je ferme les yeux et imagine que je suis toujours en Thaïlande avec ma mère.

Mais ce n'est pas tout! Il faut ensuite survivre le trajet...

- Dans le train rapide, je m'installe à mon siège près de la fenêtre alors que mon voisin s'installe pour roupiller. Lorsque je regarde dans sa direction quelques minutes plus tard, un homme, qui n'a pas de siège, est appuyé contre son dossier et lui dort pratiquement sur la tête. Dieu merci pour ma place le plus loin possible de l'allée!

- En entrant dans le train pour Guilin, je découvre que j'ai la couchette du bas et quand je dépose mes sacs l'homme et la femme occupant le lit opposé commencent à me poser des questions. Dix minutes plus tard, ils ont épuisé mon savoir linguistique du mandarin mais persistent toujours à me questionner comme si j'allais finalement découvrir que ''Oh tiens donc je suis bilingue!''. Croient-ils vraiment que c'est de la mauvaise foi et que je ne veux pas répondre? Même si ma réponse est toujours la même, ''Ting bu dong - Je ne comprends pas'', ils n'arrêtent que lorsque j'ai mon Ipod bien installé dans les oreilles et que je fais semblant de dormir. En me promenant plus tard dans le compartiment, j'entends toute l'information que j'ai donnée à mon voisin de lit échangée dans une tout autre conversation 10 couchettes plus loin. L'information voyage plus vite que le train!

- Je me réveille vers 22h en sursaut alors que trois hommes saouls en combines me regardent dormir et s'échangent des commentaires de l'allée. N'y a-t-il pas quelque chose de plus sexy qu'un bonhomme bedonnant, en sous-vêtements longs, rouge comme une tomate, qui risque de tomber face première à chaque vibration du train? Je me le demande encore. Message text à Shannon: ''How do you say Fuck off in Chinese?''.

- 6h du matin, il n'est visiblement plus nécessaire de dormir et trois femmes, dont une assis sur mon lit, papotent (en criant) avec enthousiasme et grignotent des pattes de poulet. On dit toujours que le repas le plus important est le déjeuner, mais les regarder faire suffit amplement à me convaincre que je vais me passer du mien!

- De retour de Guilin, j'occupe alors la couchette du haut et lorsque je m'installe pour me coucher, mon espace est envahie par une odeur insupportable. Je sens rapidement mon gilet et mes draps mais ce n'est pas moi. Après plus longue exploration, je découvre que le type du dessous a enlevé ses souliers et ses chaussettes et s'est installé les pieds directement sous mon visage. Je ne sais pas si je devrais le féliciter de ne pas avoir utilisé la couverture pour le bien des prochains usagers OU lui donner une tapoche du lit du haut pour qu'il pense à se laver les pieds la prochaine fois.

- 10 minutes plus tard, tout le monde dort et je découvre que pour la première fois, je partage mon compartiment avec 3 ronfleurs. Deux hommes et une vieille madame. Heureusement, je suis près alors chaque fois que l'homme à ma gauche ronfle, j'étends mon bras, qui lui arrive alors directement sous le nez, et claque des doigts, le réveillant instantanément. La vengeance sera longue, mais si je ne dors pas, toi non plus!

- 5h du matin, le réveil est encore plus tôt dans ce train! Surdité n'aidant pas, le train au grand complet est réveillé par la conversation des trois hommes qui dorment sous moi. Ma grand-mère m'ayant préparé psychologiquement au fait qu'en vieillissant on dort moins, je peux comprendre, mais je sais aussi que si elle était dans un train, elle n'irait pas enquiquiner les gens qui tentent de récupérer un peu de sommeil. Ma position dans la couchette du haut m'offre un repli stratégique idéal: ''Zang mix peo'', ''Chuuuut'', ''Qing Wui'', ''Chuuuuuuuut'', ''Pow bao ming'', ''Chuuuuuuuuuuuuuuuuut''. Ma persévérance est récompensée et le silence revient.

- Un petit garçon réveillé aussi par les hommes (toujours à 5h du matin) décide de jouer avec sa toupie électronique qui se met à chanter à tu-tête ''Happy birthday to youuuuuuuuuuu... Happy birthday to youuuuuuuuu''. Les parents ne font rien, je sors mon Ipod. Merci Steve Jobs, à ce jour, plusieurs Chinois te doivent leur santé après que ton invention ait évité une crise de nerfs d'une canadienne en manque de sommeil.

Constations permises par les longs moments d'attentes dans les gares

Il n'y a pas d'handicapés en Chine. Depuis maintenant 7 mois, je n'ai vu personne en chaise roulante, avec des béquilles ou démontrant quelconques signes physiques d'une légère différence. C'est à se demander où ils les cachent...

Après l'hiver, tout le monde a des engelures. Des mains enflées, des bébés avec les joues brûlées, des cicatrices, c'est l'horreur. On dirait qu'il est impossible d'acheter des gants... ah mais c'est vrai, c'est au Canada qu'ils les vendent!

Les Chinois n'ont aucune perception spatiale. Si vous avez le malheur de laisser traîner un pied dans une allée vous pouvez être assurés que quelqu'un va piler dessus ou s'enfarger pour ensuite mieux vous balancer leur valise dans la tronche. Même en marchant dans les allées, ils vont se positionner de manière à ce que leurs sacs et leurs bras frappent le plus de gens possible. Ce doit être pour ça que les jeux télévisés avec des cascades sont si populaires... il y a des compétiteurs à tous les coins de rue!

Bon, je pense maintenant m'être suffisamment défoulée pour vous raconter mon périple à Guilin, moins les aléas minant du trajet. Après tout c'est l'endroit en Chine qui offre les panoramas les plus époustouflants et on retrouve même un dessin de sa rivière Li derrière le billet de 20 Yuan. En principe, c'est bien beau tout ça, jusqu'à ce que la météo s'en mêle...

Kevin est de retour...

..et il a l'air de la même maudite affaire!! Moi qui m'attendais à un jeune Keanu Reeves (avouez qu'il peut avoir des petits airs asiatiques...), un demi-dieu moitié chinois, moitié occidental, une révélation de Shangqiu... et bien non, c'est le même gars avec à peu près un millimètre de yeux de plus! Il est donc arrivé dans ma classe la semaine dernière, brandissant un mot du docteur expliquant (en mandarin) à son ''foreign teacher'' qu'il avait bel et bien été à l'hôpital. Il commence alors à me baragouiner, sous l'oeil amusé de ses collègues, une excuse bidon (ils n'ont malheureusement pas amélioré son anglais pendant sa convalescence) selon laquelle il s'était blessé au dos et qu'il s'est fait opérer. Je le regarde en riant pendant que le responsable du groupe lui dit à l'oreille: ''Euh Dude... she knows...''. He he, il marche donc vers sa place alors que je lui lance: ''Yes Kevin, you do look SO MUCH more handsome!''. Bon, j'ai fait sa journée, maintenant retour à la dissertation! Comme quoi parfois le problème ne se trouve pas dans le pli des yeux, mais bien entre les deux oreilles!