Tuesday, October 12, 2010

And my question is...

Hier soir, j'ai eu l'honneur d'être le juge en chef d'une compétition de discours à l'Université. Il y avait six compétiteurs faisant partie du département d'anglais et six autres représentants d'autres disciplines (éducation physique, économie, enseignement du chinois, etc.). Le gagnant de la soirée aura la chance d'aller représenter l'école au niveau provincial dans une compétition à Zhengzhou. Ayant seulement été avertie le jour même (c'est comme ça généralement avec mon patron..), je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre. J'ai tout de même préparé (dieu merci!) une question pour chacun des compétiteurs au cas où on me demanderait de prendre la parole...

J'entre donc dans la salle avec Brett et nous nous installons au premier rang. Je remarque tout de suite que je suis assise derrière une petite pancarte rouge avec de l'écriture chinoise. Connaissant mon expérience limitée du protocole chinois, je demande tout de suite si je suis à la bonne place, question de ne pas avoir (encore) pris le siège du président de l'école ou de m'être assis parmi les candidats. Mais non, je suis à la bonne place, c'est moi ZE juge! Nous sommes 3 professeurs étrangers (Shannon, Brett et ZE juge) et 5 professeurs chinois. Mon patron m'apporte tout de suite le micro et m'explique que je serai en charge de poser les questions aux candidats! Une chance que je me suis préparée! Surtout ne vous inquiétez pas les gars, on dirait bien que c'est moi qui travaille ce soir! Shannon me dit aussi que je dois faire un court discours à la fin du concours et je rentre profondément dans mon siège. Je n'ai rien contre le fait de faire ma part, mais plus le temps passe, plus je réalise qu'on me demande de faire beaucoup de choses parce que je suis LA petite nouvelle... Je n'ai franchement aucune envie de devoir faire de l'impro en anglais devant tout le monde alors après plusieurs minutes de supplications, Shannon me dit qu'elle le fera. Il y a toujours bien des limites!!!

Le concours commence et les juges sont présentés au public.. Professeur untel chinois, Professeure untelle chinoise, Professeur untel chinois, Brett, Shannon, Andy... Hum, la dernière fois que j'ai vérifié j'étais aussi un professeur, mais on dirait bien que ce titre est seulement réservé à nos contre-partis orientaux. J'imagine que nous devons conserver une image ''cool'' et ''accessible'' pour nos jeunes, mais je m'efforce depuis les dernières semaines de les faire m'appeler Miss Clot et non Clot ou Andy. Je crois bien que je vais devoir y renoncer! Les participants sont invités sur la scène et le présentateur leur met tout de suite le micro devant la bouche. Ils nous regardent avec des grands yeux ne sachant pas trop quoi faire et il leur dit: ''Say something''... Avoir été à leur place, j'aurais dit: ''Something'', merci bonsoir, mais ils nous parlent un peu d'eux et de leurs aspirations.

La première candidate commence son discours et nous parle de l'importance de la santé. Elle parle et parle, mais tout à coup, elle commence à voir un petit trémolo dans la voix.. Attention les gars, elle sort l'artillerie lourde! Elle termine son discours en ravalant ses larmes et je lui pose ma question lentement, de peur de déclencher les jets d'eau. Oh boy, la soirée va être longue! Lorsque la seconde candidate commence à parler, nous savons immédiatement que nous avons une gagnante. Je me fous un peu du niveau des autres participants, l'anglais oral de cette étudiante est meilleur que celui de la plupart des enseignants chinois et si elle ne gagne pas cette compétition, c'est parce que Brett va s'être déguisé pour faire un discours. Ouch ça doit faire mal à l'égo de ''Professeur'' untel chinois. La moitié des étudiants ont maintenant présenté leur discours et nous avons droit à quelques performances pour faire une petite pose. Arrive sur scène un genre de Kenny J. chinois qui fait un incroyable solo de clarinette! J'en reste bouche bée, jusqu'à ce que la troupe de danse hip-hop prenne la scène. Sachant comment se comporte les étudiantes chinoises, je suis presque choquée de les voir autant se déhancher sur du Beyoncé. Mon dieu, on voit des épaules et même quelques bédaines! Leur performance est franchement enlevante, mais toute la salle reste de marbre... Wow tough crowd! Je n'aimerais pas voir un vrai concert Rock en Chine, ça doit être plate à mourir!

Les discours continuent et l'étudiant d'éducation physique arrive sur scène. Il est un ami de Shannon et Brett et est aussi le champion national de Kung-Fu! Wow, nous avons une célébrité à Shangqiu! Son discours est passable, mais sa popularité lui assure tout de même une place dans les candidats de tête du peloton. Selon Shannon, les juges chinois n'ont aucune idée de ce qui se passe alors ils votent selon leur ''feeling''... Hum, les ayant vu durant le numéro de Hip-Hop, j'irai d'abord vérifier s'ils ont encore un pouls! Je m'amuse follement lorsqu'un étudiant parle de la qualité de l'alimentation et je lui demande ce qu'il pourrait améliorer à la cafétéria de l'école. En principe, les chinois ne critiquent jamais rien, mais il trouve de même une réponse à ma question. Personnellement, j'aurais répondu moins de chien, mais bon... À la fin du concours, (et après le discours de Shannon, où elle me remercie et riant, avec un peu de sarcasme, de lui avoir laissé la chance de s'adresser au public!) nous remettons les prix aux jeunes. Comme de fait, la deuxième étudiante gagne la première place et elle ira représenter l'école à Zhengzhou. Nous devons monter sur scène et remettre les prix, ce qui permet à nos patrons de prendre des photos des ''visages blancs de l'Université'' pour le site web...

Je rentre chez moi et vérifiée les messages de mon téléphone cellulaire. Notre champion de Kung-Fu a trouvé mon numéro de téléphone par ma copine chinoise Joyce et propose de me donner quelques leçons. Hum... pourquoi pas?! On dirait bien que je vais dépoussiérer mon kimono après tout!

Monday, October 11, 2010

English Corner

Deux fois par semaine, l'association des étudiants du programme d'anglais organisent un ''English Corner'' dans un petit jardin sur le campus. Pendant ces deux heures, les étudiants peuvent venir discuter entre-eux et avec leurs enseignants étrangers de sujets d'actualités et d'un peu n'importe quoi. C'est le moment d'avoir une conversation spontanée et plusieurs d'entre-eux apprécient le fait qu'ils peuvent en profiter pour en apprendre plus sur la culture des autres pays et sur nous.

J'arrive donc avec Brett dans le petit jardin et tout ce que j'arrive à voir est une masse de jeunes dans un coin. Qui donne des autographes? On a une vedette qui visite le campus? Et non, c'est Ian un enseignant américain qui se fait bombarder de questions par une cinquantaine de jeunes. Je croyais qu'ils devaient aussi discuter entre-eux, mais on dirait bien que c'est plutôt une entrevue à sens-unique pour le professeur. J'ai un peu peur de signaler ma présence, mais ça ne prends que quelques secondes avant qu'ils me remarquent et qu'un grand ''Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh'' envahis la foule! Le groupe se sépare et plusieurs d'entre-eux m'entourent maintenant. Brett en profite pour aller dans le coin opposé du jardin, question de disperser un peu les jeunes. Qu'est-ce qu'on dit à un groupe de 40 personnes qui te regardent avec des grands yeux, attendant la phrase de l'année? Aucune idée! Je décide donc de leur demander de me poser des questions...

Where are you from? What have you seen in Chine? What is your name? How old are you? Do you like China? How is the weather in Canada? etc... Je réponds du mieux que je peux tout en tournant sur place pour qu'ils puissent tous me voir. Je tente de poser quelques questions aussi aux jeunes, mais ils semblent apprécier beaucoup plus m'entendre parler que d'utiliser leur talents en anglais. Des anciens étudiants de l'Université viennent aussi participer au English Corner et je me retrouve en discussion (devant 50 témoins!) avec Mark, un jeune homme que j'ai recontré plutôt dans la session. Il est bien drôle et le seul chinois que j'ai jamais entendu parler de démocratie et du pouvoir de la politique en Chine. Il me fait bien rire et je me demande ce que les autres jeunes en pensent. Après plusieurs minutes, une jeune fille me demande si je peux chanter une chanson en anglais... Euh, non?! Mais Mark, a qui j'ai déjà demandé d'aller au karaoké avec moi, réponds à ma place et dit que ''Of course Andy can sing!''. Oh merci, merci beaucoup mon ami, je vais m'en souvenir. Je dis à la jeune fille que je suis un peu gênée et Mark se met soudainement à chanter à plein poumons l'hymne national du Canada! Je me vois alors dans l'obligation de chanter avec lui et nous nous en donnons à coeur joie! Après notre performance, digne de n'importe quel début de match de hockey, la foule est en délire. Je me dépêche cependant à leur dire que ce ne sera pas une activité de toutes les semaines! Céline doit aussi reposer sa voix vous comprenez!

Le temps passe à une vitesse folle et je décide qu'il est bientôt l'heure de rentrer. J'essai de quitter les jeunes, mais ils veulent que je reste plus longtemps.. Je leur promet de revenir mercredi prochain et de continuer notre conversation. Ce n'est pas tout le monde qui à l'occasion d'être entouré par autant de jeunes voulant ABSOLUMENT entendre ma description personnelle de la pollution de Shangqiu. Remarque que ma célébrité n'est pas terminée, on m'a demandé de juger un concours de discours ce soir... Sortez vos palettes de score, j'arrive!

Kuai le!!!! - Shanghai Fin

Shhhhhh.. ''Ciaran it's time to wake up, let's go buddy.'' Le jour de notre départ de Shanghai, nous devons quitter l'auberge à 5h du matin, question d'arriver en avance pour le train et de pouvoir retourner à Shangqiu. Très franchement, ce n'est pas que nous avons vraiment très hâte de quitter la mégapole pour retourner dans notre petit ville où il n'y a d'exotique que le ''qiu'' du nom, mais la fin des vacances approche emportant avec elle le nombre de place disponibles dans les trains. Will et Mark sont tellement ''motivés'' à rester à Shanghai jusqu'à jeudi qu'ils vont prendre un train faisant le trajet: Shanghai - Pékin - Shangqiu pour retourner au travail. C'est un peu comme partir de Montréal et faire un arrêt par Val d'Or pour aller à Québec... ayant vu l'état du train lent pendant le voyage d'arrivée, je devrais être sous somnifère très puissants pour me permettre un tel trajet. Une fille n'a que son maximum de toilettes turques mouvantes et de trains bondés de passagers hygiéniquement douteux qu'elle peut accepter par semaine! Ciaran bouge tranquillement du lit et nous tentons de ne pas réveiller notre nouveau voisin de chambre japonais. ''Pssss Andy, Are you taking a shower before we leave?'' Je lui jete mon regard qui tue et secoue la tête ''non''. ''Ok then, I'll just brush my teeth''. Je place mes sacs silencieusement à l'extérieur de la porte. ''Did you see my jacket?'', ''Does my hat look ok?'', ''Did you grab the room-key?'', ''What time is it?''... Franchement si l'homme ne s'était pas réveillé à ce moment-là, je serais probablement allée le brasser moi-même pour qu'il soit témoin d'à quel point mon compagnon de voyage est casse-couilles! Nous descendons ensemble pour se brosser les dents et Ciaran reproduit chacun de mes mouvements pour ne pas qu'il ait terminé de se préparer avant moi. Il ne faudrait surtout pas qu'il soit obligé de faire le ''check-out'' sans moi, il pourrait se fouler le mandarin!

Procédures administratives terminés, nous trouvons un taxi qui pourra nous amener à la station de train. À cette heure matinale, nous sommes tout de même chanceux d'avoir accès à du transport si facilement, mais nous avons une bonne heure de jeu dans notre horaire, question de pas trop se presser. Je dis au chauffeur que nous devons aller à la station de train en mandarin. Il me regarde comme s'il venait de me pousser un troisième oeil et je me creuse la tête pour trouver un autre moyen de lui expliquer notre itinéraire. (Ne vous inquiétez pas: Supposément, les habitants de Shanghai ne sont pas très forts en Mandarin. Je me dis alors que ce chauffeur devait être le gars au fond de la classe qui mangeait des graines de tournesol pendant ses cours plutôt que de blâmer mes talents linguistiques matinaux). À cours de phrases pratiques et ne voulant pas nécessairement mimer un train à cette heure du jour (où à n'importe quel moment du jour tant qu'on y est), je sors mon billet et lui met sous le nez. Il le prend et commence le manège des gens en grand manque de lunettes à double foyers: Il avance le billet, se plisse les yeux, recule le billet, se plisse les yeux, avance le billet... Je lui propose même en riant de le tenir à une plus grande distance mais il dit qu'il sait où nous allons. Cue Ciaran: ''So do you know where we are going'' Oh duh... à la manufacture des poupées de l'expo! ''Yeah I think that we are good, we should be fine''.

Le taxi se lance sur l'autoroute et nous pouvons observer la ville qui se réveille tranquillement. Le soleil se lève entre les gratte-ciels et je suis déjà nostalgique des quelques jours que j'ai passé dans cette incroyable ville. Ma contemplation du panorama se fait interrompre par le bruit du moteur du taxi qui semble en souffrance extrême. C'est à ce moment que je remarque la technique de conduite du petit Jacques Villeneuve qui se trouve à mes côtés. Plutôt que de garder une vitesse constante sur l'autoroute, il embraye la 5e vitesse, donne un peu d'accélération et met ensuite la voiture au point neutre. Lorsque le véhicule commence à perdre de sa lancée, il embraye de nouveau la 5e et lui donne un autre petit ''boost''. Quoi? Je ne suis pas une conductrice manuelle hors-pair, mais il me semble que ce n'est pas très 1. efficace, 2. sécuritaire, 3. rapide. Ne voulant pas l'insulter de peur de nous faire débarquer sur le côté de l'autoroute, je me mets à soupirer allègrement et à regarder ma montre à toutes les quelques secondes. Je soupire tellement qu'il a maintenant les cheveux volant au vent de ma protestation. Nous arrivons sain et sauf à la gare de train (qui n'est pas la même qu'à l'arrivée?!) et nous nous dépêchons de trouver la bonne salle d'attente. Un léger doute flottant dans mon esprit, je décide de demander au premier policier que j'aperçois si nous sommes au bon endroit. ''Oh no, this is South Railway, you need to go to North Railway'' MEEEEEEEERRRRRDE! Il me dit que nous devons prendre un autre taxi pour nous rendre au bon endroit, mais que '' No time lady, no time!''. Ah ouais?? Regarde bien ça, ce n'est pas pour rien que vous n'avez pas de surveillance routière!


''KUUUUUUAIIII LEEEE!!'' (rapidement) dis-je les yeux exorbités, au nouveau chauffeur tout en lui mettant mon billet sous le nez. Je pousse Ciaran et les bagages pêle-mêle à l'arrière du véhicule et saute dans le siège passager. Il proteste que nous n'avons pas le temps, mais je ne fais que lui répondre ''Kuai le, Kuai le, Kuai le'' en pointant vers la route. Il se dit probablement qu'il pourra faire un peu d'argent sur le dos de cette folle même s'il ne réussit pas la course alors nous nous lançons dans le trafic. Après deux minutes de zig-zag, je tire comme une folle sur ma ceinture de sécurité (elles ne sont jamais disponibles dans les taxis) et arrive à la boucler. Le chauffeur prend vraiment sa mission à coeur et nous manquons à plusieurs reprises de nous aplatir entre deux voitures. Pendant tout ce temps, il maintient son klaxon bien enfoncé pour avertir les pauvres conducteurs du danger public que nous sommes. Je commence à me dire que nous pourrions peut-être rester quelques jours de plus à Shanghai... que ce n'est pas si grave si nous manquons notre train.. que je suis beaucoup trop jeune pour mourir... Ciaran n'ose même pas dire un mot, mais ma nervosité est trahie pas le flot incontrôlable de paroles que je jette à la tête du pauvre chauffeur. ''Non mais ça n'a pas de bon sang, qu'un chauffeur de TAXI de Shanghai, LA VILLE DE L'EXPO, puisse se tromper de station de train.. en plus il était tellement lent... et nous allons manquer notre train... bla bla bla'' Qui sais, pendant mon monologue nerveux, je lui ai aussi probablement parlé de l'insalubrité des toilettes turques et du conflit au Tibet.

Yiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii Le taxi s'arrête devant une bouche de métro et nous sortons en vitesse. Je jette littéralement au conducteur une liasse de billets (de 5 et 10... ne vous inquiétez-pas, j'étais peut être pressée mais je suis toujours cheap!) et j'agrippe Ciaran par la poignée du sac à dos pour le traîner en courant vers la station de train. Nous avons seulement 10 minutes pour trouver la plate-forme et mon optimisme commence à fléchir légèrement. Je comprends les gens qui ne veulent pas se presser lorsqu'ils sont en vacances et qui refusent de pousser pour passer plus rapidement mais ''Bordel de merde, Ciaran nous allons manquer notre train. Je pousse, tire, plaque, soulève pratiquement les gens pour frayer notre chemin. Nous arrivons à la salle d'attente et notre train est annoncé sur la pancarte. Génial! Je profite des quelques minutes de répis pour nous acheter des bouteilles d'eau mais lorsque je reviens à nos chaises, notre train n'est plus sur le tableau... ''Hum Ciaran, didn't you see that our train is not on the board anymore??'' ''Yeah... what is up with that?''.... Inspire...expire...inspire...expire... Je me propulse vers un employé de la gare, le saisit pas les épaules et lui montre notre billet. Je crois qu'il m'explique que nous avons manqué notre train. Il court vers l'horaire et nous dit que nous devons prendre le train qui est présentement sur la plate-forme. Pour la première fois, je vois un chinois qui est agité alors je me dis que l'heure doit vraiment être grave! Je tente de suivre Ciaran, mais il tape poliment sur l'épaule des gens jusqu'à ce qu'ils se retournent, leur dit: Duai Bu shi (excusez-moi) et procède ensuite à les dépasser. No time for that!

Nous nous trouvons ensuite devant un escalateur bondé qui est notre dernier obstacle avant de rejoindre le train. Hum... Ciaran, tu te souviens de Moïse et de l'épisode de la mer? Oui?! Bon, regarde bien ça! C'est tout juste si je ne projette pas les gens en bas de l'escalier. Je prends tout de même le temps de dire ''Sorry'' mais c'est plutôt un ''Sorry - Casse-toi'' qu'un vrai excusez-moi. Je récupère ma bonne conscience en me disant que chaque personne que je déplace en est en fait une qui m'a bousculé dans le train/ le métro/ sur la rue, etc. J'arrive en bas et me retourne pour repérer Ciaran qui devrait normalement être juste derrière moi. Mais non! Il est tout en haut de l'escalier et attend sagement de descendre en tenant la rampe comme un magasineur poli le 25 décembre... Ok, you find your way to Shangqiu, you are on your own now! Cours...cours...cours...

Le responsable du train nous dit d'entrer dans le wagon restaurant et nous attendons sagement près de la porte (Oui Ciaran s'est bien rendu). ''Euh.. Andy? Where are we going to sit?''. Si j'ai une pancarte dans le dos qui m'annonce comme guide touristique, j'aurais bien aimé qu'on me le dise avant! À ce point, j'en ai franchement ras le pompom et décide de le laisser sécher pour nous trouver des places. Je demande à chaque personne du wagon restaurant si la place libre à leur côté est prise et ils me disent que oui. Deux femmes (tout droit sorties des années 80 chinoises... toupet crêpé et tout!) nous disent que nous ne pouvons pas nous asseoir avec elles, même s'il y a deux places de libres. Je retourne auprès de l'employé qui nous guide vers les deux ''gouidettes'' du train. Il leur dit fermement de se lever et nous fais signe de prendre leur place. Normalement, je ne suis pas très à l'aise avec les traitements de faveur en raison de notre statut d'étranger, mais je suis fatiguée, stressée et j'en ai plein le dos de ce train. Les deux ''Nancy'' se lèvent et se mettent à nous insulter en mandarin. Ciaran leur fait signe de prendre place à nos côtés, mais elles refusent. Je leur dis ''Ding bu Dong'' (je ne comprends pas) avec mon plus beau sourire tout en mettant mes écouteurs. La paix s'il-vous-plaît... et oui de toi aussi Ciaran!

Après une heure de trajet, nous comprenons pourquoi nous pouvons avoir accès à ces places gratuitement. En fait, c'est les sièges des serveuses du train et elles viennent s'y reposer toutes les demi-heures. Elles ne sont que trois alors elles me laissent toujours bien assise et demandent plutôt à Ciaran et aux deux autres voyageurs de leur laisser leur place. Après trois fois, je devrais normalement commencer à me sentir mal pour mon ami, mais je suis confortable et me dis que si ce n'était pas de moi, il serait encore à Shanghai alors il peut sécher sur MA micro-chaise. À mi-chemin, le contrôleur revient et nous dis que nous devons céder nos places pour de bon à des hommes qui veulent venir manger. Dans le wagon-restaurant? Quelle idée!! Nous prenons nos clics et nos clacs et nous trouvons un petit coin, près de la porte, pour nous asseoir. Merci micro-chaise, je suis même plutôt confortable et le train rapide est beaucoup moins bondé que le train lent donc nous pouvons même nous étirer un peu. J'ai décidé que je ''boude'' toujours Ciaran alors je garde mes écouteurs et ne fais pas la conversation avec lui.

Le reste du trajet passe très rapidement et je me fais même ''copine'' avec trois enfants de trois, quatre et cinq ans qui viennent toujours jouer près de nous. J'arrive à faire la conversation avec eux, ce qui me dit que mon niveau de mandarin est à peu près celui d'une petite fille de 4 ans... Justement, elle est tellement à l'aise avec moi qu'elle se retrouve bientôt perchée sur mes genoux pour jouer avec son toutou de l'expo. Pauvre micro-chaise! Notre station arrive finalement alors nous faisons nos au revoir aux enfants et sortons finalement du wagon. Ahhhhhhhhh l'air de Shangqiu... cette fois-ci je ne m'étais vraiment pas ennuyé de toi!

Friday, October 8, 2010

Special price for you lady - Shanghai Partie 4

Selon mon plan de match, la dernière journée de mon voyage devait être consacrée au magasinage. Ayant déjà visité les attractions principales, je décide de prendre une petit pause de mon pellerinage pour dépenser un peu de mon argent dûrement gagnée. À Shanghai, il y a énormément de petits marchés où l'on peut trouver toutes sortes d'items reproduits à un prix ridiculement bas. On y retrouve des lunettes Oakley, des sacs Chanel, des manteaux Columbia, des souvenirs chinois, des tonnes de souliers, etc. À vos marques, prêts, négociez!

J'ai donné rendez-vous à Ciaran au métro question de trouver avec lui le marché. Encore une fois, il n'est pas resté à l'auberge la veille (franchement il n'aurait pas eu besoin de chambre!) alors je ne voulais pas le laisser s'aventurer seul dans le labyrinthe du subway de peur de perdre une autre partie de ma journée à le retrouver. Je pars donc de l'auberge en compagnie de Mark et Will et nous décidons de profiter du beau temps pour embarquer dans un autobus de touriste. Semblerait-il que la passe qu'ils ont achetée la veille est valide pour 24 heures alors nous pouvons traverser le canal en autobus plutôt qu'en métro. En prenant place dans le bus, je ne vois pas grande différence entre l'autobus de ville bien normal et celui pour touriste, sinon qu'on peut écouter une bande-sonore bidon en 6 langues nous expliquant des ''Fun-facts'' sur la ville. Normalement, je suis franchement avide de découvrir de l'information plus ou moins utile comme celle-là (quoi?! Ça parraît bien dans une conversation!) mais je décide de plutôt me concentrer sur le paysage. Au moins, dans cet autobus, je sais que je ne vais pas me perdre. Après 10 minutes dans un tunnel, nous ressortons au milieu des grattes-ciels et frayons notre chemin dans le traffic. La ville parraît plutôt vide avec la fin des vacances d'automne et la balade est agréable.

Arrivée à destination, nous sortons de l'autobus et je me lance à la recherche de Ciaran. Ce que vous ne savez pas c'est que la veille au bar, il avait peur de ne pas retrouver l'auberge alors je lui ai prêté mon téléphone qui a l'adresse en chinois dans un message. Je n'aime pas particulièrement être séparée de mon moyen de communication, mais entre vous et moi, je crois qu'il en a franchement plus besoin! Je retrouve donc mon petit Leperchaun Irlandais qui est tout imbibé de bière et nous partons bras-dessus, bras-dessous pour le marché. Je me sens un peu mal de le traîner magasiner avec la gueule de bois qu'il a mais il semble excité d'acheter des souvenirs! ''So Andy, how many stops? Hum.. don't know. This one? Nope. This one? Nope. This one? Nope. This one? Yes. Are you sure?''...

Le marché se trouve à l'intérieur de la station de métro et s'étend à perte de vue. Le labyrinthe ressemble à une mini-ville de luxe tout droit sortie de l'imagination tordue d'une barbie sans argent. Ayant appris quelques trucs, nous nous dirigeons vers le fond des corridors, où les marchands font moins d'argent et sont donc plus généreux dans leurs négociations. La première chose qui me tombe dans l'oeil est le logiciel Rosetta Stone pour apprendre les langues. Je l'ai utilisé pour apprendre le peu de mandarin que je connais déjà et ça fonctionne comme un charme! J'ai toujours voulu apprendre l'espagnol alors j'en attrape une copie. Normalement, le marchandage se fait en plusieurs étapes. Il est beaucoup plus intelligent de tester ses talents sur le premier marchant et découvrir jusqu'où il est prêt à baisser pour ensuite acheter l'item à un autre endroit. Il me propose donc 800 Yuan pour le logiciel qui est tout de même une copie! Je lui dis 30 et arrive finalement à l'obtenir pour 50 Yuan. Pas mal... pas mal..!

L'objectif de la journée est de me trouver des lunettes de soleil, un manteau North Face et quelques souvenirs pour ma famille. Cependant, voyant mon talent naturel pour ce jeu, je me trouve rapidement grisée par l'apât du gain facile! Je négocie férocement et achète aussi quelques trucs pour Ciaran qui refuse de marchander... Je peux comprendre que ce n'est pas la chose la plus gracieuse, mais le monde ne l'est pas non plus ''So get with the program...'' Je perfectionne mon air ahuri lorsque le marchant me donne son premier prix et travaille sur ma moue lorsque je décide de quitter le magasin pour flâner près de la porte. Qui aurait cru que mon expérience de théâtre en maternelle (pièce sur les saisons quelqu'un?!) me serait finalement utile!

Ma meilleure négociation de la journée est mon manteau North Face. Lorsque j'entre dans le magasin, je demande tout de suite à la commis où se trouvent les fameux manteaux qui ne sont pas sur les étalages. Je me sens comme une trafficante de drogue colombienne qui cherche le vraiment ''bon stock''. Elle me chuchotte qu'elle va aller m'en chercher un à l'arrière. Quoi? Elle ne me fouille même pas pour savoir si j'ai un micro! J'essai donc le manteau et satisfaite de la marchandise lui dit que je vais le prendre. Elle me dit: ''Oh Lady, do you know how much it is??'' Bah.. si tu crois m'avoir en me faisant peur, tu ne t'es pas levée assez tôt ce matin! ''How much?... Well special price for you. You not a tourist. You live in China. Tourist pay (mouvement sur la calculatrice secrète) 2300Y. But for you 850Y.... Pfff HAHA for this!?!? (je lui lance avec mon meilleur air insulté de femme qui vient de se faire servir du vin mousseux au lieu du champagne).. 100Y.... Come on lady, not enough. What is your best price..'' je lui réponds fermement: ''100Y.. Please go up a little.. (elle ne voulait visiblement pas ranger de nouveau son manteau!) Ok 150Y.. ... 10 minutes plus tard... moi: 200Y... Ok lady, just for you.. special price for you. Take my card.

Et voilà comment je me suis achetée un beau manteau North Face tout neuf pour 25$ canadien. Je prends les commandes! Après cette négociation féroce, je suis vidée alors nous décidons de nous asseoir pour manger une pizza. Nous sommes bien contents de nos achats et je suis fière de ne pas avoir cédée à la tentation d'acheter un faux Ipad.. Tant qu'à acheter cette bébelle, aussi bien en prendre une qui a le bon logiciel!

N'en pouvant plus de se faire solliciter par les vendeurs, (et il est déjà 6h, donc nous avons déjà passé presque 5h dans le marché!) nous décidons de prendre le traversier pour profiter de la vue nocturne de la ville à partir du Bund. En chemin pour trouver le bateau, nous nous arrêtons dans un petit restaurant italien où je mange des succulentes pâtes au saumon fumé et Ciaran sa pizza au fromage (... sans commentaires). Nous trouvons le bateau et payons nos 2Yuan pour effectuer la traversée. Je ne sais pas de quoi avait l'air la traversée des immigrants illégaux entre Taiwan et la Chine, mais je crois penser que ça ressemblait à quelque chose du genre. Ce petit Ferry n'est pas un beau bateau touristique comme en Colombie-Britannique, mais plutôt un mini Ferry-speed-boat qui tente d'amener les gens du point A au point B au plus crime! Pensant pouvoir nous installer à l'extérieur, nous attendons pour entrer en dernier. Erreur grâve, nous ne pouvons pas aller à l'extérieur et tout ce qu'il y a de passagers à maintenant son visage collé sur chacun des centimètres de vitre libre (Tiens donc, étiez-vous à l'observatoire en début de soirée aussi?) Le bateau se met en marche et nous faisons tous un pas en arrière. La vitesse de la chose est carrément absurde et je me tiens fermement à Ciaran pour ne pas me retrouver sur le derrière. Je ne vois strictement rien de toute la traversée, mais me dis que c'est tout de même mieux que de s'entasser dans le métro. L'arrivée au Bund se fait avec autant de douceur qu'un bon massage chinois et nous ''rentrons'' dans le quai avec force. N'étant pas pressé de se trouver de nouveau compressé par la foule, nous attendons sagement que tout le monde sorte. Une envie nous prends d'avertir les gens en ligne que leur vie est plus importante que la traversée en bateau, mais nous nous mêlons plutôt de nos affaires.

La vue du Bund est à couper le souffle. Ayant eu la chance de faire la visite de jour et de nuit, j'en retire une satisfaction tout à fait différente. Pendant la jour, la vue du Bund est impressionnate et on arrive vraiment à voir la grandeur et la profondeur de la ville. Avec les bateaux qui se promènent sur l'eau, c'est carrément majestueux. Cependant, de nuit, tous nos sens sont stimulés par les jeux de lumières qui rappelent un peu les affiches interactives de Time Square. Les plus grands édifices de l'autre côté du canal projettent de la pub pour l'Expo et les bateaux empruntant la voie maritime sont complètement couverts de lumière de Noël. Les touristes s'empillent le long de la rambarde pour prendre des photos et il y a plusieurs militaires chinois qui assurent la sécurité des gens. J'ai un petit moment de fou rire lorsque je pense à mes amis militaires qui sont, pour la plupart, impossant et intimidants et que je les compare à ces soldats chinois qui flottent dans leur uniforme et qui ont tout juste l'air d'avoir terminé la puberté. Mais du côté de la discipline, je ne leur lancerais pas nécessairement un défi! Plusieurs d'entre-eux sont postés aux différentes sorties des bouches de métro, où ils attendent au garde-à-vous que les touristes défilent. Me rappelant très clairement l'effort nécessaire pour rester dans cette position pendant des heures, je leur lance un grand sourire compatissant dès que je les croise. J'arrive même à prendre une photo avec l'un d'entre-eux... et oui j'ai une tête de plus que lui...

Nous rentrons tôt à l'auberge, la tête pleine de lumières et de beaux souvenirs de Shanghai. Nous faisons nos valises en discutant des meilleurs moments de notre voyage, mais nous sommes interrompus par un homme japonais dans la soixantaine qui entre dans la chambre.. Hum Konichiwa?!? Semblerait-il qu'une de nos camarades de chambre est partie et qu'il la remplace. Bof, plus on est de fou, plus on rit, mais je ne sais pas nécessairement si c'est ce qu'il va penser quand Will et Mark vont revenir du bar à 5h du matin...

Thursday, October 7, 2010

Eat, Pray, Love - Shanghai Partie 3

Dimanche matin, je me réveille encore à l'heure des poules et regarde en ricanant l'état de mes co-chambreurs. Il y en a deux qui partagent le même lit, Ciaran n'est pas rentré dormir à l'auberge et le dernier ronfle abondament. Je retiens mon envie soudaine de les réveiller pour les inviter à une excursion matinale: Allez les gars, ça va être SUPER, SUPER, SUPER!! Allez, allez, allez! Au petit café de l'auberge, je reconnais une des filles de notre groupe et décide de m'asseoir avec elle. En discutant, nous découvrons que notre itinéraire de la journée est semblable. Ayant appris ma leçon la veille, je ne lui suggère pas de m'accompagner, mais dès que j'empoigne mon sac pour partir, elle me demande si elle peut venir avec moi.. Meeeeerrrde! Bon.. point positif: De tout le groupe, elle semble être la personne la plus tranquille et responsable alors je ne devrais pas avoir à lui donner son biberon trop souvent.. Point négatif: Je crois qu'elle s'est couchée à 8h la veille pour ne pas être fatiguée et elle me semble très très ''straight''. Comprenez-moi bien ici, je ne veux pas nécessairement une partenaire de voyage qui termine la soirée étendue sur la table entre les bières, couverte de ''body-painting'', mais je ne veux pas non plus la matante qui sirote son ''coca'', dodelinant de la tête au rythme de la musique.

Nous partons donc vers le fameux métro pour retourner à Nanjing Road (la rue piétonne de la veille) en direction du ''Bund''. À Shanghai, le Bund est une immense promenade qui offre une vue imprenable sur les gratte-ciels de la ville et les bateaux sillonnant le canal. J'arrête un instant pour absorber ce que je vois. Me trouvant devant la vue urbaine la plus incroyable qu'il m'ait été donné de voir jusqu'à présent, je dois vite mettre mes lunettes de soleil pour camoufler l'humidité qui envahit mes yeux... Je savais qu'à un certain point pendant mon voyage en Chine, j'allais être émue par ce que j'allais voir, mais je ne m'y attendais pas nécessairement à cet instant. Pour moi, être en Chine est un rêve que je chéris depuis très longtemps et Shanghai est définitivement le point culminant de mes fantaisies asiatiques. Je prends quelques minutes pour me ressaisir et sors ensuite ma caméra. Nous sommes tout de suite solicitées par des touristes chinois pour poser dans leurs photos et j'arbore alors mon plus grand sourire. Après plusieurs minutes, nous décidons de continuer notre chemin pour trouver le jardin Ya qui est supposé être un des plus beaux en Chine.

Notre marche en ville se poursuit et nous rejoignons bientôt le quartier entourant le jardin. La chaleur est incroyable pour une journée d'octobre et j'ai peine à réaliser que nous ne sommes pas au beau milieu du mois d'août. D'ailleurs on dirait presque que le temps s'est arrêté pour moi lorsque j'ai quitté le Canada, car la température locale est très semblable à une belle journée d'été. Pour trouver notre chemin, nous devons emprunter une série de petites ruelles qui forment un labyrinthe compact et bourré... mais vraiment bourré de touristes. Je n'ai jamais vu autant de personnes dans un même endroit. La claustrophobie est au rendez-vous et nous arrivons à peine à voir les pancartes qui indiquent notre chemin. Nous nous sentons comme dans Tintin tellement les rues sont pareilles et nous semblons tourner en rond... Il manque juste l'homme accroupi par terre avec son petit bol à chaque coin de rue pour nous perdre complètement. (remarque qu'il était peut-être là mais avec la foule, nous ne l'aurions jamais vu!) Arrive enfin le jardin et nous payons le droit d'entrée pour commencer à explorer. Le jardin est bien impressionnant, mais l'aspect touristique de l'endroit me laisser un peu froide comparée aux autres temples que j'ai visité à Nanjing. Seul point positif, la foule est beaucoup moins compacte alors nous pouvons nous déplacer à notre guise.

Après la visite du jardin, je décide de prendre congé de ma copine et d'aller explorer un peu plus la ville. Je me lance alors dans le labyrinthe seule et remercie de nouveau mon gps interne qui m'indique où je dois aller pour sortir. Fait assez cocasse, c'est l'heure du dîner et tous les touristes chinois se promènent avec leurs brochettes et bols de nouilles dans la foule. Les bruits de bouche sont suffisants pour enterrer le vacarme des vendeurs. Je me fais même suivre à 2 cm derrière par un homme qui mange son ''Stinky Tofu'' avec beaucoup trop d'enthousiame. Jusqu'à présent en Chine, il n'y a qu'un seul plat qui me lève carrément le coeur et c'est le ''Stinky Tofu''. Ça sent la mort et ça à l'air d'une vieille tranche de pain Wonder qui aurait été laissée sur le comptoir pendant des mois. À ce point, je ne veux même plus retrouver mon chemin, je veux seulement mettre le plus de distance possible entre l'homme ''savourant'' son lunch et mon nez.

Mes jambes sont carrément mortes et j'ai bien besoin d'une douche alors je décide de retourner à l'auberge. À ma grande surprise (ou pas vraiment finalement) mes co-chambreurs se lèvent tranquillement... Il est 3h de l'après-midi... Ils m'indiquent qu'ils veulent aller prendre un autobus de touriste pour voir la ville de nuit. Oui, parce que marcher serait beaucoup trop fatigant!?! Je n'ai toujours pas eu ma dose de sushi alors je décide de les suivre jusqu'au métro et d'aller au World Financial Center (de l'autre côté du Bund) qui devrait avoir un bon resto japonais. En chemin, nous arrêtons pour acheter de l'eau (Gueule de bois quelqu'un??) et le manège le plus ridicule commence. J'entre et achète ma bouteille alors que certains membres du groupe attendent. Lorsque je sors, une deuxième fille décide d'entrer et d'acheter à boire à son tour. Voyant tout celà, la troisième fille se dit: ''Ah et bien moi aussi je vais y aller alors...'' Bordel, nous attendons devant l'épicerie pendant 25 minutes, que tout le monde achète son eau ''à son rythme''! Voilà le clou dans le cercueil de mes bonnes intentions. Je prends mes clics et mes clacs et marche vers le métro avec Ciaran. Je lui annonce sur le champs que s'il décide de venir avec moi, il devra suivre mon plan parce que je sais déjà exactement ce que je veux faire. Il accepte et nous partons.

Avez-vous déjà voyagé avec une personne nerveuse? Pour moi, c'était la première fois et aussi la dernière! Lorsque je voyage dans une ville inconnue, je consulte ma carte, mais je fais aussi confiance à mon instinct et je demande régulièrement mon chemin. Si par hasard, je me perds, ce n'est pas plus grâve que ça et je continue à marcher jusqu'à ce que je trouve quelque chose de familier. À ma connaissance personne n'est jamais mort de s'être perdu à Shanghai... ce n'est pas la jungle amazonienne quand même! Mais Ciaran est franchement un voyageur très nerveux... Il me confie son argent pour que je paye son billet de métro, ensuite il me demande 15 fois si nous sommes sur la bonne plate-forme. Dès que nous sommes dans le wagon, il se renseigne sur le nombre d'arrêts avec notre sortie et quand elle arrive finalement, il me re-demande si c'est la bonne. AHHHHHHHHHHHHHH Oui, je fais probablement toutes ses étapes, mais dans ma tête et sans le partager avec la population entière de la ville! Arrivés à destination, nous prenons plusieurs photos de la vue qui se transforme tranquillement en un incroyable light-bright nocturne. Nous entrons dans le World Financial Center et cherchons le restaurant de sushi. Ciaran n'est pas trop fan (Est-ce que je vous ai dit qu'il est aussi difficile au rayon bouffe?) alors je lui suggère de s'asseoir avec moi et d'ensuite aller lui trouver à manger. Il a accepté mes termes de voyage, non?

Arrive enfin le moment ''splurge'' de mon voyage car c'est franchement le meilleur sushi qu'il m'ait été donné de manger. Le poisson fond dans la bouche et je n'arrête pas d'en commander plus. Les assiettes s'empillent devant moi et mon appétit ne semble pas vouloir se satisfaire. Au diable le salaire de professeur, j'en profite! Le serveur japonais me regarde d'un air de dire: ''Mais est-ce qu'elle a un ''doggy-bag'' caché sur ses genoux pour faire disparaître la nourriture si rapidement?!''. Non, non mon cher, c'est des années de pratique! Après le repas, nous empruntons l'ascenseur pour aller à l'observatoire et profiter de la vue du haut de la plus grande tour de Shanghai. Après avoir payé nos 150 Yuan, nous entrons dans l'observatoire et je tombe pratiquement sur le derrière. Les rues s'étendent à perte de vue et l'éclairage est si impressionnant que nous ne parlons pas pendant au moins 10 minutes. Il y a même un feu d'artifice au loin et nous pouvons en profiter pleinement. Lorsque je m'approche de la vitre, la première chose que j'arrive à dire est que c'est bien dommage que les vitres soient si sales... En me fiant sur les traces, je crois que plusieurs personnes tentent de ''frencher'' Shanghai lorsqu'ils sont à l'observatoire! Le dernier étage de la tour est un plancher partiellement en verre qui permet de voir la profondeur du panorama. Je risque l'incontinence soudaine lorsque je vois les petites madames chinoises qui se font ''surprendre'' par le vide et qui pensent tomber. Ça vaut franchement le prix du billet! Au sommet, nous rencontrons deux connaissances de Ciaran qui sont aussi dans le même programme mais qui ne voyagent pas avec le groupe... Cue le commentaire impertinent: ''Haha, oh le monde est petit!'' Non, en fait après avoir vu la vue de Shanghai, le monde N'est PAS petit du tout! Ils sont très sympatiques alors nous décidons d'aller prendre un verre avec eux.

Notre soirée se termine dans une discothèque chinoise qui offre le bar ouvert pour la somme ridicule de 80 Yuan. Les employés sont vraiment VRAIMENT désagréables, mais j'imagine que c'est ce que ça donne dans un endroit sans pourboire. Je dois à plusieurs reprises simuler une crise d'épilepsie pour attirer l'attention du serveur qui me ''pitch'' ensuite ma bière. Je suis vraiment déçue de remarquer que les étrangers qui sont dans l'établissement sont carrément autains et désagréables avec tout le monde. Je comprends que l'alcool ne fait pas toujours sortir le meilleur chez les gens, mais nous ne sommes tout de même pas chez nous. Après quelques bières, une serveuse s'approche de la table avec un plateau contenant des serviettes chaudes... Hum ça sent l'attrape nigaud tout ça! Je lui dis Bu Yao (don't want) et regarde mes copains accepter avec enthousiame. Elle procède ensuite à leur extirper 20 Yuan pour le service de ''rafraîchissement'' et je me sens un peu mal pour eux. Oui, j'aurais probablement pu les avertir, mais je n'étais pas certaine et ne voulais pas casser leur ''party''. Ciaran est un peu déçu de ne pas être à son fameux bar gai, mais je termine la soirée à discuter avec un bel américain qui est en Chine pour apprendre le mandarin et qui parle aussi français. Oui, je ne suis définitivement plus à Shangqiu!

Wednesday, October 6, 2010

Lonely Planet - Shanghai Partie 2

Le lendemain matin, je me réveille relativement tôt et décide de faire mon plan pour la journée. Compagnons de chambre oblige, je tente de me préparer silencieusement. De tout façon, la veille j'ai vite compris que nous attendions d'autres personnes lorsque deux filles sont entrées (ont trébuchés?!) dans notre chambre pour y passer la nuit. J'ai donc appris que neuf filles du même programme que mes compagnons de voyage sont arrivés à l'auberge pour venir visiter Shanghai avec nous. Nous devons passer la journée ensemble et je me dis que c'est une très bonne idée étant donné le nombre très limité d'étrangers que j'ai à portée de main à la maison. Je descends et commande un café en attendant que mes amis se lèvent. Heureusement pour moi, je suis matinale alors c'est pratique lorsque je voyage, mais pas autant lorsque je dois attendre après des gens qui semblent franchement être venus à Shanghai pour la qualité du sommeil...

Le temps passe et ma patience (aucunement légendaire) s'égraine rapidement. Je pense au fait qu'au même moment, je pourrais être en train de me perdre dans le métro ou de me faire pétrir par une foule. Qu'est-ce qui arrive si l'Oriental Pearl disparaît alors que j'attendais bêtement Godot sur le balcon de l'auberge. Lorsque la dernière personne rejoint le groupe, je suis carrément en train de me dandiner sur place, ma patience ayant atteint le point de non-retour. Je me mors les lèvres pour ne pas lui lancer un gros: BON! Il était temps! Bien dormi? Tu as eu tes 15 heures de sommeil? Je reste muette, mais je suis persuadée qu'elle doit sentir l'immense trou que ma vision laser lui perce entre les deux yeux. Le groupe se met finalement en mouvement pour aller dîner. Avant mon voyage, j'ai fermement décidé que ma diète de Shanghai serait complètement ''chinese food-free'' alors je cherche frénétiquement une excuse pour ne pas aller avec le groupe qui se dirige vers une ''noodle-house'' qui arbore sur sa devanture un gros Boudha en néon souriant dans son bol de riz. Je tire la manche de Ciaran et tente de le convaincre d'aller plutôt au Pizza Hut. Notre conversation va comme suit: ''Dude, stuffed-crust pizza? Hell yeah man!'' Et c'est tout.. plutôt facile non?!

Quelques minutes plus tard, nous sommes assis devant notre énorme pizza et dégustons le tout et nous nous demandons bien si nous avons vexés nos nouveaux amis... Bof l'appât de la croûte graisseuse gagne toujours contre la conscience. Après le repas, nous rejoingnons le groupe qui décide d'emprunter le métro pour aller en ville. Cas typique de trop de chefs et pas assez d'indiens, tout le monde tente de prendre le contrôle de la situation pour déterminer le meilleur chemin. Je choisis la ligne, paye mon billet et attend patiemment que les autres se sortent les doigts du nez. Arrivée à People Square, la plus grande station de métro de la ville, je comprends rapidement que se déplacer en groupe de 12 sera long et pénible. Ça nous prendrait franchement une petite corde avec des poignés pour ne pas se perdre. Chacun sort son Kodak et prends des centaines de photos. Avec la foule compacte qui envahit la rue piétonne, notre rythme de croisière est de 30 centimètres à toutes les 5 minutes. Après trente minutes d'exploration, le groupe décide de s'arrêter dans un café pour prendre une bière... Mais nous venons juste de sortir de table!! Il y a encore toute le ville à voir! En attendant mon verre de vin, je planifie ma stratégie d'évasion. J'informe Will que le devoir m'appelle et je quitte la groupe pour aller explorer seule.

Enfin libre! Je décide de me diriger vers le Quartier français et de trouver le petit resto de sushi que j'ai repéré sur la carte. Je reprends le métro à People Square mais la densité de la foule a probablement doublé. C'est franchement un cas de survie et je sors mes petits coudes pointus pour me rendre jusqu'à la plate-forme. Ce qui se passe ensuite sera en même temps, quelque peu troublant mais oh combien satisfaisant. Lorsque le métro arrive, les gens n'attendent pas poliment que les voyageurs sortent pour entrer. Ils se propulsent vers la porte et poussent de toutes leurs forces pour assurer leur place dans le wagon. Une grand-mère m'aggripe fermement le gilet question de profiter de la force de frappe de la grande étrangère et de la séparation de la foule qui en suit. Je sens mon corps balancer dangeureusement vers l'avant. Si c'est de la lutte gréco-romaine que vous voulez, c'est ce que vous allez avoir! Je m'élance tel une fusée dans ''le tas'' et décide d'exercer la stratégie ''pas de prisonniers, pas de pitié''. Je me fous carrément que tu aies 90 ans, si tu décides de prendre le métro à l'heure de pointe, tu dois avoir une bonne assurance-vie. Et franchement, c'est les personnes âgés qui sont les pires. Elles prennent leur petit air innocent alors qu'elles te font leur prise de Kung-Fu, cherchant la soumission. Quelques minutes et plusieurs bleus plus tard, je me tiens fermement au poteau, fière de mon coup et grisée par l'adrénaline de mon moment ''Braveheart''.

En sortant du métro dans le Quartier français, l'illusion est totale! Je pourrais carrément être à Montauban et me diriger vers un petit bistro où Gérard me servirait un bon verre de rouge. Les plantanes entourent la route et quelques affiches sont même en français. Je suis contente d'avoir l'opportunité de voir le côté moins ''urbain'' de Shanghai et j'apprécie aussi le manque de foule. L'appétit me rappelle à l'ordre et je commence à chercher plus activement mon resto de sushi. Quelques rues plus tard, je n'ai toujours pas trouvé l'endroit alors je décide d'entrer dans un pub pour prendre une bière et demander mon chemin. J'entre dans l'établissement et découvre que je viens d'attérir en Australie! Le bar est rempli d'étrangers qui regardent un match de rugby en criant et en s'envoyant bière après bière derrière la cravate. Super, je me trouve un tabouret! Le patron, un incroyable spécimen tout droit sorti des fantaisies inspirés par Crocodile Dundee, vient m'apporter ma bière. Je fais la conversation avec lui pendant quelques minutes et j'apprends que je suis bel et bien dans un bar autralien et que mon resto de sushi est finalement fermé depuis quelques temps. Bof la bière n'est pas chère et je vois des beaux mecs pour la première fois en quelques mois alors je ne suis pas pressée de partir!

Quelques minutes plus tard, la serveuse m'apporte un petit papier. Je l'ouvre et découvre une note m'invitant à partager la table des deux hommes assis derrière moi... Pourquoi pas, tant qu'à rester seule sur mon petit tabouret... Nous discutons pendant plusieurs minutes et je découvre qu'ils viennent tout juste de se rencontrer aussi. Ils sont tout deux australiens et un habite à Shanghai et travaille pour le journal de la ville alors que l'autre est en voyage d'affaires. Ils sont bien drôles et je profite de notre conversation animée pour poser des questions sur la ville. J'en apprends plus sur les meilleurs endroits pour manger et faire un peu de magasinage. Je comprends bien vite que ma soirée ne sera pas trop souffrante pour mon porte-feuille car ils refusent carrément que je le sorte de mon sac. Nous décidons de jouer au billard et nous sommes vite rejoint par deux docteurs autraliens et le patron du bar (yes!). Mon estomac ne pouvant plus tellement attendre le repas, je leur dis que je vais devoir m'excuser pour aller trouver un peu de nourriture. Ils suggèrent de m'accompagner dans un resto thaï tout près et je pars donc avec mes nouveaux amis pour aller manger. Le repas est succulent et je ne pense pas une minute au reste de mon groupe qui doit probablement être encore devant le plan du métro à discuter de leur chemin. Je devais normalement les rejoindre pour aller dans un bar gai de la ville, mais ma soirée est beaucoup plus drôle alors nous retournons au bar pour quelques bières de plus. Malgré la tentation de voir ce qu'un bar gai en Chine peut bien avoir l'air, il n'y a pas plus d'hommes hétéro étrangers à Shangqiu que d'homosexuels alors je ne vois pas pourquoi je me priverais de la compagnie des ''vrais mâles australiens'' que j'ai rencontré pour aller me faire ignorer dans un bar gai. Je retourne à l'auberge vers 2h du matin et découvre ma chambre vide. Super, je vais pouvoir me coucher relativement tôt et profiter de mon voyage. Je me fais réveiller à 5h par mes amis qui reviennent de la partie Shang-gai de la ville et je décide donc que le lendemain sera aussi une journée d'exploration seule. Après tout, je me débrouille assez bien sans compagnie, non?

Tuesday, October 5, 2010

Orient Express - Shanghai Partie 1

Bip...bip...bip   Argggg! 3h30 du matin, c'est finalement l'heure d'aller prendre le train pour Shanghai. Je laisse donc mon (nouveau) dégât d'eau de la cuisine et mes deux poissons rouges à leur sort et pars rejoindre les gars à la gare. Lorsque j'arrive, il ne semble vraiment pas avoir une si grande foule mais il faut toujours se méfier en Chine. Il devrait y avoir des pancartes disant: ''Attention, un chinois peut en cacher un autre...'' Nous avons tous les yeux très très petits mais l'excitation du voyage alimente la conversation. Nous faisons même des blagues sur le fait que nous n'avons pas de sièges... Si je ne m'abuse je crois même avoir dit que ''Ce n'est pas si pire!'' HA! It's obviously going to come back and bite me in the arse... Je voyage avec Will et Ciaran, deux enseignants irlandais qui participent à un programme d'échange et travaillent dans une école primaire, ainsi qu'avec Mark, un autre membre du programme venant de Londres. Le train arrive finalement et nous allons sur la plate-forme pour rejoindre notre wagon. La blague est officiellement terminée lorsque nous voyons l'espace que nous avons pour entrer dans le cadre de porte. Il reste environ 30 cm carré et nous devons tous entrer (et par tous je veux dire, une canadienne, 2 irlandais, un anglais et 25 chinois...) question de pouvoir fermer la porte! Pousse... pousse... pousse... J'ai le visage à 2 centimètres de mon voisin et je crois fermement qu'il ne s'est pas brossé les dents ce matin. Ah tiens donc 8 plombages! Nous nous regardons en riant (parce que franchement qu'est-ce qu'il y a d'autre à faire!) et Ciaran propose même de sortir du train et d'oublier ce satané voyage à Shanghai. Pendant tout ce temps, un jeune homme nous filme et j'ai bien envie de lui dire où il peut se mettre sa caméra...  Franchement, j'aimerais bien le voir quand il va sortir le pop-corn un vendredi soir et regarder son vidéo des 3 étrangers dans le train! Totalement absurde! Au même moment, un employé du train s'approche de Will et lui dit que nous devons sortir de l'entrée pour aller plutôt dans l'allée. Quelle bonne idée, l'oxygène commençait déjà à se faire rare!

Nous trouvons donc un petit trou de libre et nous installons nos micro chaises pliantes, flambant neuves, sur le sol. Peut-être que certain d'entre-vous pensez aux chaises que vous amenez pour regarder les feux d'artifices, mais imaginez-vous plutôt les tabourets dans une classe de maternelle et réduisez la grandeur de moitié. J'ai franchement seulement une fesse sur la ''chose'' mais je peux tout de même me compter chanceuse parce que Mark mesure 6''2' et devra aussi éventuellement se plier. J'ai hérité de la micro-chaise ''de luxe'' d'une connaissance et j'ai franchement le meilleur modèle! Will et Ciaran ont chacun une chaise faite avec le même plastique que les blocs Légo, Mark a une micro-micro chaise avec un cadre qui rappelle les rayons d'une roue de bicyclette (bonne chance!), mais j'ai la Cadillac parce que l'endroit pour s'asseoir est fait de faux cuir et je peux donc profiter du confort postérieur total. Lorsque nous sommes tous assis, nous trouvons que notre situation n'est pas si misérable que ça car nous pouvons discuter et j'ai même trouvé le moyen de m'appuyer sur un autre siège pour reposer mon dos... Mais quand est-ce que je vais apprendre à arrêter de parler trop vite! Chaque centimètre carré du train est occupé par une personne et malgré l'heure extra-matinale, ils ne semblent pas vouloir dormir. Ça remonte l'allée... et ça boit du thé... et ça va à la salle de bain... et ça fume... et ça mange... et ça se racle la gorge.. et ça fait juste chier finalement! Je n'arrive pas à rester assis plus de 5 minutes parce que les gens mes bousculent toujours pour passer. Je suis devenue un carrousel d'entrée de magasin vivant! Je devrais commencer à leur faire payer chaque fois qu'ils passent et par le fait même me mettent leur derrière dans le visage! Je pense au roman ''Le crime de l'Orient Express'' et me dit que s'ils continuent à me pousser comme ça, ça ne sera pas trop difficile de trouver le meurtrier! Andréanne... dans le train... avec la micro-chaise.

Étrangement, pendant tout le trajet, plusieurs jeunes femmes se lèvent pour laisser leur siège à Mark... Au début, nous croyons que c'est par pitiée parce que c'est franchement de la cruauté animale de demander à un homme de cette taille de s'assoir sur un mini-tabouret dans l'allée d'un train bondée, mais plus le voyage avance, plus les jeunes filles sont insistantes!  N'essayez pas, nous savons très bien pourquoi vous faites ça! Finalement, il suggère à la jeune fille, qui est pratiquement entrain de grimper dans le hamac à baggages, de plutôt ME laisser le siège. Very well then, thank you dear! Je prends place mais lorsque les étudiants découvrent que nous sommes tous des enseignants, ils se contorsionnent pour nous faire de l'espace et nous arrivons presque tous à nous asseoir! Nous en profitons pour jouer aux cartes avec-eux et le voyage passe finalement très très vite. La gentilesse de ses étudiants, qui ont tout de même payé pour un billet assis pour se retrouvés ''squeezé'' par 4 étrangers, nous laisse tous extrêmement reconnaissants.

L'arrivée à Shanghai se fait dans un désordre plutôt contrôlé. Je trouve souvent qu'en Chine, un coup de baguette déplacé pourrait facilement transformer une foule en émeute, mais le tempérament très très passif des chinois (plutôt qu'enflammé de certain d'entre-nous) leur permettent de circuler sans incidents. Je ne suis pas très ''foule'' mais je préfère une foule chinoise à n'importe quelle autre! En sortant de la Station, après un voyage de 9h, les politesses prennent quelque peu le bord et nous discutons du meilleur moyen de se rendre à l'auberge. C'est à ce moment, que nous découvrons quel type de voyageur nous sommes vraiment: Ciaran et Mark préfèrent prendre un taxi alors que Will et moi-même voulons essayer de prendre le Métro. Vous pouvez appeler ça de l'orgueil déplacé, mais dans une ville aussi grande, je suis persuadée que les transports en commun sont excellents et je préfère tout de suite commencer à en découvrir les dessous. Finalement après 10 minutes de marche, nous décidons de prendre un taxi... (hum, ce n'est pas tellement mon idée de ''persévérance'' mais bon!). Point positif, 10 minutes plus tard, nous sommes assis devant notre première bière alors que la demoiselle de la réception s'occupe de notre ''check-in''. Pas si mal!  En chemin, nous avons aussi repéré un festival du vin et de la bière alors nous décidons tout de suite d'aller enquêter...

Un petite larme se pointe dans le coin de mon oeil lorsque j'aperçois le pavillon Budweiser... Après avoir bu de la bière locale pendant 1 mois, je suis très enthousiaste à l'idée de retrouver un petit goût du Vermont et de Midd! Nous entrons par la porte ''western'' et commandons à la guidoune Budweiser chinoise (accoutrement complet: mini-jupe, bottes aux genoux, extensions capilaires.. la totale!) une tournée...  Plusieurs tournées plus tard, nous nous retrouvons au Mc Donald question de tester la fraîcheur des croquettes de Shanghai. (Quoi? Peut-être qu'elles ne sont pas comme à Nanjing?! C'est mon devoir de blogeuse de vérifier!). Nous terminons la soirée dans un pub irlandais (chinlandais?!) du quartier français qui passe même un match de soccer!

Le plus difficile est passé non? Nous sommes arrivés à Shanghai...